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Environnement Les fabricants d’aliments du bétail peinent à trouver un indicateur environnemental

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Les co-produits utilisés en alimentation animale émettraient davantage de gaz à effet de serre (GES) que les matières premières brutes, selon un rapport de la mission technique spécifique créée par les syndicats de l’alimentation animale et Tecaliman (Centre technique de l’alimentation animale en France) dont le but est de mettre au point un indicateur de performance environnementale du secteur. Des résultats qui remettent en cause l’introduction d’une nouvelle contrainte environnementale basée sur le seul critère GES.

Les émissions de gaz à effet de serre des co-produits (tourteaux et coproduits de céréales notamment) entrant dans la composition de l’aliment pour animaux seraient plus élevées que celles des matières premières brutes (céréales, pois…). C’est ce que révèlent les premiers résultats de la mission technique spécifique constituée par les syndicats de la nutrition animale et Tecaliman (Centre technique de l’alimentation animale en France) afin d’établir des données de mesure de l’impact environnemental des aliments.

Respecter l’environnement sans se pénaliser économiquement
« Toute opération de transformation accroît le “coût carbone” du produit final en comparaison de celui de la matière première brute », explique Valérie Bris, de Coop de France Nutrition animale. Après publication de ce premier rapport d’étape, les professionnels de l’alimentation animale réalisent donc que l’introduction d’une nouvelle contrainte environnementale basée uniquement sur l’empreinte carbone (incluant l’ensemble des gaz à effet de serre) risquerait de pénaliser leur utilisation des co-produits, généralement utilisés par les fabricants pour des questions de rentabilité économique. Mais l’argument économique n’est pas le seul, selon Valérie Bris. « La non-utilisation des co-produits issus de l’alimentation humaine dans la production d’aliments pour animaux soulèvent d’autres questions, explique la spécialiste. Leur destruction ne va-t-elle pas entraîner un coût environnemental accru ? Et si, du fait d’un coût environnemental élevé des co-produits, l’alimentation animale se tourne davantage vers les matières premières brutes (céréales par exemple), ne risque-t-on pas de diminuer les disponibilités en nutriments destinés à l’alimentation humaine ? »

Vers un indicateur multi-critères
Les fabricants entendent donc améliorer la méthodologie d’évaluation des critères de performance environnementale. Ils souhaitent par conséquent poursuivre leurs recherches afin de trouver d’autres indicateurs complémentaires, leur permettant (entre autre) de valoriser les co-produits. Des résultats de recherches plus aboutis devraient être publiés à l’automne prochain.

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