Y a-t-il un déclin des AOC ? Onivinsinfos, dans son numéro de juin, essaye de comprendre les causes de l’évolution de la demande en AOC dans l’Hexagone. Dans ses analyses, elle cite des facteurs économiques ainsi que la concurrence entre vin d’appellation et autres vins sur certains segments de prix.
L’Onivins mène depuis plusieurs années des enquêtes sur la consommation de vins des Français. Ces enquêtes montrent que la part des non-consommateurs a d’abord augmenté entre 1980 et 1990, passant de 24% à 36% (- 3 millions de consommateurs environ), avant de stabiliser en 1995 puis de diminuer (+2 millions de consommateurs entre 1995 et 2000). D’autre part, des consommateurs dits occasionnels remplacent au fil du temps les réguliers, dont le nombre ne cesse de baisser depuis les années quatre-vingt et devrait atteindre un quart à un tiers seulement des consommateurs français en 2010.
Ces évolutions se sont traduites par une baisse spectaculaire de la demande en vin de table (qui accompagnait le repas d’un Français sur deux en 1980 mais seulement d’un sur quatre en 2000), par une concurrence accrue de l’eau en bouteille, des autres alcools (bières, pastis...) et des sodas chez les jeunes. Le vin est devenu surtout un produit festif : 82 % des Français en proposent à leurs invités lors des repas.
Ces différents facteurs expliquent que pendant près de 40 ans, la consommation des vins d’appellation a connu une croissance soutenue, passant de moins de 4 millions d’hl au début des années 60 à 17 millions lors de la campagne 1997/1998. Mais depuis cinq campagnes, les volumes de VQPRD vin de qualité produit dans une région déterminée soumis à droit de circulation (enregistrés par les Douanes) sont en stagnation (16,1 millions d’hl en 2002/2003).
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Les achats de VQPRD en fonction de l’âge et des revenus
L’Onivins a cherché à savoir ce qui explique cette crise des AOC. L’évolution des typologie de consommateurs apporte une première réponse. En effet, «une part relativement importante des achats de VQPRD est le fait de ménages acheteurs de vins et donc de consommateurs plutôt réguliers», selon une étude de l’Onivins datant de 1999. Or, le nombre de consommateurs réguliers est en baisse.
D’autre part, l’office a pu mesurer que l’âge et les revenus des ménages sont déterminants. Ainsi, les VQPRD (qui comptent pour l’essentiel des AOC) sont surtout achetés par les ménages les plus jeunes (- de 35 ans) et ceux qui sont les plus aisés. Les ménages plus modestes achètent d’autres vins (vins de table et de pays). Les plus de 35 ans et les classes moyennes répartissent leurs achats pour moitié en VQPRD et en autres vins.
Le prix du vin est également un critère de choix important, notamment en terme de positionnement. Au dessus de 3,5 euros/litre, règnent les VQPRD. Entre 2,5 et 3,5 euros, la concurrence est relative entre vins d’appellation et autres vins. En dessous de 2,5 euros, elle est vive. Au total, plus de la moitié des vins de qualité sont en concurrence directe avec les vins de pays et les vins de table.