La consommation de viande fraîche a chuté de près de 4% depuis le début de l’année et la tendance semble s’accélérer. Ce sont les viandes les plus chères comme le bœuf qui subissent le plus ce coup de frein. Certaines entreprises comme Charal s’en sortent quand même.
Selon le panel TNS, la consommation de viande fraîche a reculé de 3,8% depuis le début de l’année. Les viandes bovines et ovines enregistrent respectivement un repli de 4,9 et 6,8%. De manière générale, la volaille résiste mieux avec une chute de « seulement » 3,3% des ventes alors que les prix ont augmenté de 9,4% en moyenne. Ce sont surtout les poulets label qui souffrent avec une baisse des volumes de près de 11% des poulets prêts à cuire alors que les poulets ordinaires progressent de près de 7%. La viande fraîche de dinde aussi subit cette tendance à la baisse avec un recul des achats des ménages de 7% principalement à cause de l’augmentation du prix de plus de 17% à l’étal.
Les prix sauvent l’élevage bovin
La consommation de viande bovine des ménages français a chuté d’environ 8 % depuis l’été en raison de la crise économique, s’est inquiété le 28 novembre un représentant de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). « C’est un produit cher particulièrement touché par la crise », a souligné Denis Gilliot, animateur de la section bovine de l’UGPVB, lors d’une conférence de presse à Rennes. Il a précisé que la consommation de viande bovine était attendue en baisse de 4,4 % sur l’ensemble de l’année 2008, contre une baisse structurelle d’environ 1 % par an sur les dernières années. Cependant, l’élevage bovin échappe à la crise grâce à des prix de vente qui « se maintiennent à des niveaux corrects », a souligné Denis Gilliot.
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Charal tire son épingle du jeu
Dans ce climat de morosité, le groupe Charal annonce une hausse de 3% de ses ventes de viande fraîche et de 5% de viande surgelée. « Le chiffre d’affaires devrait s’établir au-delà du milliard d’euros »a indiqué le directeur général du groupe, Jean Chavel, lors d’une conférence de presse mercredi 3 décembre. Pour le groupe, 2008 aura quand même été une année « très difficile » durant laquelle la flambée du cours des matières premières et la hausse du coût de l’énergie n’ont pas pu être entièrement répercutées sur le consommateur. Selon Jean Chavel, « le rapprochement de son entreprise avec les groupes Bigard et Socopa permettra à l’avenir de peser plus fortement dans les négociations avec la grande distribution ».