La fraise de Carpentras tient à sa marque, désormais déposée. Les producteurs du Vaucluse ont durci les règles d’utilisation de ce terme, et sont bien décidés à les faire respecter par des contrôles.
Une année où « l’on va faire respecter les règles ». Robert Rouch, cofondateur de la confrérie de la fraise de Carpentras, le promet : après une année 2017 « de transition », les fraisiculteurs du Vaucluse veulent sévir pour empêcher les usurpations. C’est ce qu’ils ont annoncé à l’occasion d’une rencontre organisée à la maison des chambres d’agriculture mercredi 28 mars, un peu plus d’un an après avoir déposé en janvier 2017 devant l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) l’appellation de « Fraise de Carpentras et du Comtat Venaissin ».
Plus de 180 producteurs
Désormais, pour utiliser ce terme, les fruits devront avoir été produits dans le département du Vaucluse. Une manière de protéger juridiquement la réputation de ces produits pour plus de 180 producteurs qui travaillent sous cette marque. « Jusqu’à présent on ne pouvait pas se protéger, raconte Robert Rouch, les producteurs d’emballages plastiques pouvaient utiliser le terme fraises de Carpentras et envoyer cela dans le Sud-Ouest. Même un Espagnol pouvait l’utiliser seulement en mentionnant “origine Espagne” ».
Les choses ont déjà commencé à changer. Les producteurs d’emballages se sont engagés à ne plus vendre en dehors du Vaucluse. « Mais on veut des contrôles pour que ce soit vérifié », insiste Robert Rouch, qui s’est adressé à la Direction départementale de protection des personnes (DDPP). Autre mesure : des contrôles d’huissier sur les marchés pour vérifier que la marque n’est pas usurpée. Il faut dire que les producteurs y trouvent leur compte. « Nous n’avons pas d’invendus et des prix qui se maintiennent », alors qu’ils ont mis sur le marché « entre 6 000 et 8 000 tonnes », estime Alain Rosa, fraisiculteur et membre de la confrérie. Essentiellement à destination de la grande distribution, « c’était d’ailleurs une demande des centrales d’achats que les choses soient labellisées », précise Alain Rosa.
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Ne pas finir comme le savon de Marseille
Mais une partie est également écoulée sur les marchés. Là encore, le fait que la marque soit protégée change les choses « car tout le monde demande la fraise de Carpentras » dans ce département touristique, détaille Annick Durand, fraisicultrice qui vend une grande partie de sa production en circuit court. Alain Rosa fait, lui, le parallèle avec le savon de Marseille « produit à 99 % en Chine parce qu’il n’est pas protégé ». « Pour valoriser un département, il faut valoriser les produits », conclut Robert Rouch, qui indique une progression constante du nombre de producteurs rejoignant la démarche.
Avant, même un Espagnol pouvait utiliser ce nom, seulement en mentionnant “origine Espagne”