Les fruits à coque à la conquête de la Ferme France
Noix, noisette, amande, pistache… Si la consommation de fruits à coque est au beau fixe en France, la marche est encore très haute pour atteindre l’auto-suffisance, avec un approvisionnement souvent extra-européen. Pourtant la dynamique de plantation est là : les surfaces de noisetiers ont bondi de 48% en dix ans, celles de noyers ont augmenté de 36% sur la même période, et les surfaces d’amandiers ont doublé ces cinq dernières années. Pour développer leur verger, les filières cherchent de nouveaux planteurs ou s’approchent de coopératives. Le but ? Satisfaire la demande des industriels et des transformateurs en produit ayant subi une première transformation : noisette décortiquée, amandons et cerneaux de noix. Mais le manque de solutions phytosanitaires, problème de l’accès à l’eau et le poids des investissements viennent contrecarrer leurs plans.
« La souveraineté alimentaire en noisette n’est pas du tout assurée ni Europe, ni en France », regrette Thierry Descazeaux, le président d’Unicoque, numéro un de la noisette française. « La consommation annuelle de l’UE est de 500 000 t, pour une production d’environ 150 000 t. Ce qui veut dire que 70 à 80 % de la noisette que nous consommons est importée, essentiellement de Turquie. » À l’échelle nationale, cette asymétrie des approvisionnements est flagrante. En 2018-2020, la France a produit en moyenne 13 000 t de noisettes par an – ce qui en fait le deuxième pays producteur européen derrière l’Italie, rapporte le CTIFL dans sa fiche mémo mise à jour en 2022. La France est pratiquement auto-suffisante en noisette en coque, avec un excédent commercial de 3 100 t. Cependant elle dépend très fortement des importations (23 800 t) pour satisfaire les besoins en noisette décortiquée.
Et ce qui est vrai pour la noisette, vaut aussi pour d’autres fruits à coque très consommés et produits en France, la noix et l’amande. Deuxième producteur européen après la Roumanie, la France a produit 36 000 t de noix en 2020. L’Hexagone est même le premier exportateur européen de noix en coque, avec 23 000 tonnes orientées vers le marché communautaire et la Moldavie. Mais elle dépend largement des importations (11 000 t) pour répondre à la demande nationale en cerneaux.
Dans la toute petite filière amande, le grand écart est encore plus extrême. Toujours selon le CTIFL, la France a produit 1 100 t d’amandes en coque en 2020, ce qui équivaut à 366 t d’amandons (amandes sèches décortiquées, NDLR). Dans le même temps, elle a importé 41 000 tonnes d’amandons. Autrement dit, la France produit à peine 1 % des amandes qu’elle consomme. Quant à l’embryonnaire filière pistache, elle n’est pas encore entrée en production. Ce qui signifie que toutes les pistaches consommées sur le sol français sont importées.
Le constat est d’autant plus frustrant que, de l’avis des différentes filières, la consommation de fruits à coque a le vent en poupe grâce aux vertus nutritionnelles et au développement du snacking. Interrogée à ce sujet, l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) n’a pu détailler, faute de données spécifiques sur la consommation des fruits à coque – une étude devrait être lancée en 2022. Mais, le regain d’intérêt des Français pour les fruits secs en général confirme déjà ce constat des professionnels : d’après Interfel, la consommation de fruits secs a pratiquement doublé en 10 ans (de 0,8 g/jour en 2010 à 1,4 g/jr en 2019).
Face au développement du marché des fruits à coque, les filières s’organisent pour relocaliser leur production. La noisette en est l’exemple type avec des surfaces en production qui ont augmenté de 48 % en dix ans, pour atteindre 5 800 ha en 2020, selon le CTIFL. Début avril, les trois pays européens leaders de la production de noisette ont annoncé le lancement d’un groupe de travail baptisé Corylus Europae. Porté par des organisations de producteurs et de recherche d’Italie, de France et d’Espagne, il vise à développer une filière européenne « durable et de qualité » et à réduire la dépendance aux importations.
Dans cette filière, le plan de relocalisation est incarné par le géant du secteur : la coopérative Unicoque, élément moteur de Corylus Europae, qui pèse « plus de 90 % de la production française », selon son président Thierry Descazeaux. « Actuellement nous sommes sur des phases de développement : l’an dernier il s’est planté 280 ha de noisetiers et nous sommes toujours à la recherche de nouveaux producteurs. » Enracinée dans le Sud-Ouest, Unicoque réalise « 60 % de sa production dans le Lot-et-Garonne et 20 % dans le Tarn-et-Garonne », le reste dans 71 autres départements français. « Nous avons de nouvelles zones de production en Charente, dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, mais également dans le bassin orléanais qui est la nouvelle zone de développement. Nous avons aussi quelques producteurs en vallée du Rhône », raconte M. Descazeaux.
Pour étoffer son réseau de producteurs, Unicoque s’est rapproché de quatre coopératives céréalières. « Le but est de développer des partenariats autour de projets de territoire », explique le président d’Unicoque. « Nous échangeons avec les coopératives pour identifier des coopérateurs qui sont intéressés pour faire de la noisette, nous associons leurs techniciens dans la démarche, nous travaillons sur des partenariats par exemple autour de la fourniture d’engrais, de désherbants, et Unicoque récupère les noisettes ». Ce plan d’agrandissement du verger date de 2011, quand Unicoque a annoncé son projet de développement économique "10-20-30" visant à produire 10 000 t en 2010, puis 20 000 t en 2020 et enfin 30 000 t en 2030. Mais, avec un potentiel de production de « 12 500 t de noisettes en 2022 pour 6 500 ha de verger (dont 4 000 ha en production) », Unicoque est encore loin de son objectif, reconnaît Thierry Descazeaux.
Pourtant, la demande en noisette française est bien là, notamment du côté de l’industrie. « Depuis quatre ans on travaille avec Ferrero, le leader mondial de la pâte à tartiner. Ils veulent qu’on approvisionne leur usine de Nutella de Villers-Ecalles (Normandie) à hauteur de 20 000 t par an, et aujourd’hui on n’est qu’à 500 t. Donc le gros du marché il est là : c’est la noisette cassée pour nos clients industriels », affirme Thierry Descazeaux. À l’heure actuelle, l’activité d’Unicoque repose à 50 % sur la noisette industrie (pâtes à tartiner, chocolats, cosmétiques), à 40 % sur la noisette coque (MIN, GMS, export vers l’Allemagne) et à 10 % sur les produits à forte valeur ajoutée, estime Thierry Descazeaux. Mais ce dernier segment « proche du consommateur final » est voué à prendre plus d’importance : « Depuis trois ans on développe des petits grammages de noisettes toastées, grillées, en éclats, en poudre, autour de notre marque Koki. Le but est d’aller chercher des clients restaurateurs, glaciers, pâtissiers, chocolatiers, mais aussi d’être présent dans les linéaires des GMS. »
Déjà bien ancrée dans le territoire français, la production de noix aussi monte en puissance. La surface du verger de noyers a augmenté de 36 % en dix ans pour atteindre 25 000 ha en 2020, selon des données Agreste/Graph’agri 2021. Ce qui en fait le deuxième verger de France après la pomme de table, avec 15 % des surfaces dédiées aux fruits. Malgré son poids économique, la filière n’a pas d’interprofession nationale et l’AOPn Dynamic noix créée en 2009 est « en dormance », selon les observateurs. La dynamique de filière s’opère donc au niveau des deux principaux bassins de production : le bassin Sud-Ouest (Dordogne, Lot, Corrèze) et le bassin Sud-Est (Isère, Drôme).
Le premier affiche la plus grosse dynamique de plantation. D’après des données Agrestes fournies par les professionnels, le bassin Sud-Ouest a doublé ses surfaces de noyeraies en 20 ans, passant à 14 000 ha en 2020, ce qui en fait la première région productrice en volumes (20 000 t). « La première dynamique de plantation est venue après la tempête [Martin] du 27 décembre 1999 qui a fait énormément de dégâts dans les vergers y compris centenaires », raconte Fabien Joffre, président de l’interprofession régionale Internoix Sud-ouest créée fin 2021. « Après, il y a eu un creux de vague pendant cinq ans, puis on a vu le prix de la noix repartir à la hausse dans les années 2011. S’en est suivie une autre dynamique de plantation pratiquement jusqu’à aujourd’hui. Le prix de la noix, qui était assez rémunérateur, a fait que les gens ont continué à planter. »
Au-delà des nuciculteurs qui renouvellent ou agrandissent leur verger et des agriculteurs qui se diversifient en noix, une nouvelle catégorie de planteurs est apparue. « Sur les 1 500 et 2 000 producteurs de la zone AOP Noix du Périgord, on doit avoir une dizaine d’investisseurs français ou étrangers qui plantent, par exemple 30 ou 40 ha de noyers, et qui ont des agriculteurs ou des salariés pour s’en occuper », relate Fabien Joffre. « Ils ont compris que la noix est un produit d’avenir, appréciée dans de nombreux pays, et qu’en France on a un potentiel de production. »
Dans cette frénésie de plantation, l’aura de la noix du Périgord a aussi bénéficié de l’obtention de l’indication géographie (IG) AOP Noix du Périgord en 2004, dont le cahier des charges inclut la production de cerneau, et de l’IG AOP huile de noix du Périgord en 2021 (voir encadré).
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Dans le bassin Sud-Est, la production s’articule autour de l’IG AOP Noix de Grenoble obtenue en 1996, pour la noix coque. Si les surfaces de noyers et les volumes sont stables (11 000 ha, 15 000 t en 2020), la production est plus structurée que dans le Sud-Ouest. L’AOP s’est dotée d’un comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING) en 1968, et, pour la première fois en 2020, ce dernier a orchestré un plan de filière nucicole. « Nous avons travaillé avec la Senura (station d’expérimentation nucicole Rhône-Alpes), les chambres d’agriculture de la Drôme, de l’Isère et les fédérations Cuma de ces deux départements, pour définir des enjeux et des objectifs sur la résilience des exploitations aux aléas climatiques, la réduction des produits phytos, la gestion de l’irrigation… », explique la coordinatrice du CING Nathalie Gaillard.
« Au total, la région (Aura) a mis sur la table 850 000 € pour la période 2021-2024 pour aider les producteurs et metteurs en marché à financer certains investissements : l’achat de sécateurs électriques pour améliorer la taille de formation des arbres afin de les rendre plus résilients aux intempéries, tout en réduisant la pénibilité du travail ; l’implantation de haies brise-vent et de couverts végétaux multi-espèces (graminées et légumineuses) pour réduire la fertilisation minérale ; l’achat de broyeurs à herbe pour entretenir le rang au lieu d’utiliser glyphosate ou herbicides ; et l’achat de broyeurs à branches pour éviter de brûler les reliquats de taille. »
Après un affaissement des cours de la noix en 2020-2021 dû à la concurrence mondiale (États-Unis, Chine, Chili) et à la pandémie de Covid-19, le prix de la noix au stade expédition est remonté en 2022, selon le Réseau nouvelles des marchés de FranceAgriMer. Mais le marché demeure « au calme plat » cette année, observe Nathalie Gaillard, qui croit cependant au potentiel de développement de la noix coque sur le marché hexagonal. « On a une grosse marge de progression car la consommation de noix en France n’est pas très importante », explique-t-elle. « Depuis une dizaine d’années il y a un certain engouement par rapport aux qualités nutritionnelles et aux bénéfices pour la santé des fruits à coque. On va essayer de surfer sur cette tendance dans nos actions pour inciter à l’achat. »
Même stratégie dans le Périgord, où la nouvelle interprofession régionale planche sur une campagne de communication pour redorer l’image « un peu vieillissante » de la noix et encourager les Français à manger « trois noix par jour ». « Nous voudrions ne pas restreindre cette campagne à notre AOP mais l’ouvrir à toutes les noix de France puisque, grosso modo, la variété Franquette (zones AOP Sud-ouest et Sud-Est), Corne (zone AOP Sud-ouest) ou Fernor (hors AOP) ont les mêmes valeurs nutritionnelles. Or l’objectif est surtout de faire consommer des noix aux Français », assure Fabien Joffre.
En amande, les surfaces plantées ont plus que doublé en cinq ans, selon les professionnels. La relocalisation des vergers d’amandiers a été largement portée par le syndicat des producteurs d’amande en Provence qui a lancé un « plan de relance » en 2017. « On s’était fixé de planter 200 ha par an pendant cinq ans, pour arriver à 1 000 ha supplémentaires, et là on y est presque, à quelques dizaines d’hectares près », indique le président du syndicat André Pinatel. La Compagnie des amandes, cofondée par François Moulias et l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, a apporté sa pierre à l’édifice avec la plantation de 208 ha d’amandiers depuis 2018, et d’autres projets en cours (voir encadré). « On est passé de 1 000 ha en production en 2017 à 1 500 ha en production aujourd’hui, pour un verger total qui dépasse les 2 300 ha », abonde le directeur de l’association France amande Yves Guillaumin. « En gros, on est sur un doublement des surfaces et un triplement des volumes, l’objectif étant de produire 1 500 tonnes d’amandons (4 500 t d’amandes avec coque, NDLR) en 2023. »
Cette renaissance de la filière française est née de l’aval, pour un marché haut de gamme. « Un certain nombre d’artisans ou industriels comme la confiserie du Roy René (calissons d’Aix-en-Provence), le confiseur François Doucet, les Nougats Silvain et l’Occitane (cosmétiques), ont voulu développer leur approvisionnement d’amandes françaises », raconte Yves Guillaumin. Or en 2017, il n’existe qu’un seul opérateur d’envergure nationale : la coopérative Sud Amandes, basée dans le Gard, dont les amandes proviennent largement de Corse. Très insuffisant pour satisfaire la niche provençale, alors que le marché croule sous l’amande américaine et aussi espagnole – ce qui encore le cas aujourd’hui.
C’est ainsi que naît l’association France Amande, à vocation interprofessionnelle une fois que la production battra son plein. En attendant, l’enjeu est d’organiser le marché alors que les volumes produits sont encore très faibles. « Si on avait eu une récolte normale l’année dernière on aurait fait 800 à 900 t d’amandons, mais à cause du gel on n’a rien fait », lâche Yves Guillaumin. Pour sécuriser les débouchés autour une amande française de qualité supérieure, l’association – qui réunit à la fois producteurs, transformateurs, grossistes et pépiniéristes – planche sur l’obtention d’un Label rouge et de deux IG : une IGP amande de Provence, et une IGP amande du Roussillon. Trois démarches qui demanderont encore « cinq à sept ans de travail » selon M. Guillaumin, et qui inspirent la minuscule filière pistache. (voir encadré)
Vu comme un « sous-produit » de la noix car généralement issue de cerneaux de moindre qualité, l’huile de noix est une valorisation où « tout reste à faire », estime le président de l’interprofession régionale Internoix Sud-ouest Fabien Joffre. La coopérative Cerno qu’il préside investit pour casser davantage de cerneaux et en transformer une partie en huile dès 2023. « On a déjà fait le bâtiment, et maintenant on n’a plus qu’à acquérir le process industriel », détaille M. Joffre. « On aura un partenariat avec un huilier qui est déjà introduit dans la grande distribution française, et qui s’occupera de l’embouteillage et de la commercialisation, sous le signe AOP ». La coopérative Cerno emboîte ainsi le pas à la coopérative Valcadis (Lot), qui a investi dans sa propre presse en 2015 et produit annuellement « 6 000 à 10 000 litres d’huile de noix dont une petite partie sous AOP », selon le responsable de la station Georges Bouat. La coopérative périgourdine Perlim noix s’est aussi lancée dans cette voie début 2020. Elle produit « environ 1 000 litres d’huile de noix AOP par an ». Mais elle sous-traite pour l’instant la prestation de presse à un faiseur de la région car « les investissements sont assez lourds », précise le service commercial de Perlim noix.
Depuis sa création en 2018, la Compagnie des amandes a signé la plantation de « 208 ha d’amandiers, dont 17 ha ne sont pas encore plantés » dans « le Vaucluse, l’Aude, l’Hérault et les Bouches-du-Rhône », a indiqué son directeur général François Moulias à Agra Presse le 28 avril. « Mon objectif est de dépasser la barre des 500 ha à la fin de l’année », a-t-il ajouté, en précisant que l’entreprise cofondée par l’ancien ministre Arnaud Montebourg a « beaucoup de projets dans les Pyrénées-Orientales et dans le Gard ». Parmi les autres projets en cours, l’OP (organisation de producteurs) Amandiers de France annoncée en septembre sera officiellement créée « fin mai » et réunira au moins dix amandiculteurs, a indiqué M. Moulias. Quant au chantier de casserie à Signes (Var), il débutera « en fin d’année », un peu plus tard que prévu à cause de « la flambée des coûts de matériaux ». La casserie sera vraisemblablement opérationnelle « à l’automne 2023 » et non pour l’été. De plus, la casserie fera finalement « 7 000 m2 », au lieu des 7400 m2 initialement prévus. « C’est dû à une contrainte réglementaire, pour éviter de devoir mettre des portes coupe-feu », a expliqué le directeur de la Compagnie des amandes. Enfin, la société basée à Aix-en-Provence ouvrira à nouveau son capital en faisant « une nouvelle émission d’obligations grand public en juillet, sur Lita, à hauteur de 1 million d’euros », a annoncé M. Moulias.
Créée fin 2021, l’interprofession régionale de la noix du Sud-Ouest (Internoix Sud-ouest) doit élaborer un « plan de filière » d’ici deux ans afin de « démontrer rapidement » sa plus-value, conclut l’inspecteur général de l’agriculture Grégoire Thomas, dans un rapport publié récemment par le CGAAER (ministère de l’Agriculture). En retour, un soutien du ministère de l’Agriculture, des deux régions et trois départements concernés est recommandé, pour permettre à l’interprofession d’atteindre un modèle « autoportant ». Une dynamique qu’il faudrait aussi « inscrire dans une perspective de structuration nationale en dialogue avec l’interprofession régionale Sud-Est et dans le contexte et le cadre global d’Interfel », plaide le haut fonctionnaire. Un des axes de structuration nationale identifiés est la recherche-innovation, qui est l’une des trois missions d’Internoix Sud-Ouest ; en la matière, le rapport consacre la station expérimentale de Creysse comme l’outil « incontournable » de la filière régionale, et plaide pour des partenariats avec son équivalent dans le Sud-Est, la plateforme de La Senura, et le CTIFL. En croissance ces dernières années, la production française de noix provient à 55 % du bassin du Sud-Ouest et à 45 % du Sud-Est, connu pour sa noix de Grenoble et structuré en interprofession depuis de nombreuses années.
L’idée de créer une filière en pistache en Provence remonte à 2017, quand trois agriculteurs et un entrepreneur estiment qu’il y a un potentiel à explorer pour approvisionner biscuiteries et confiseries provençales. « À ce moment-là les vergers de pistaches n’existent pas en France, tout est à construire », raconte Emmanuelle Filleron, chargée du dossier pistache à la chambre d’Agriculture du Vaucluse. Depuis, une grosse centaine d’agriculteurs ont planté des pistachiers sur des micro-surfaces « un peu partout dans le sud de la France » pour voir comment évolue la culture, avec en ligne de mire un objectif éventuel de diversification selon les rendements et la qualité obtenus. « L’année dernière on était à peu près à 100 ha de pistachiers, je pense qu’on devrait être à 150 ou 200 ha cette année. C’est encore très petit », glisse Mme Filleron. Pour l’heure, la filière naissante cherche à sécuriser la production (plants, porte-greffe, itinéraires techniques, lutte contre les maladies et ravageurs…) et à améliorer la connaissance technico-économique. « L’enjeu pour la filière francaise, c’est d’arriver à construire sa propre identité culturelle et qualitative », conclut la chargée de mission.
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