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ONF Les futurs chantiers forestiers de Jean-Yves Caullet

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Nommé à la présidence de l’ONF, Jean-Yves Caullet a détaillé les chantiers qui l’attendent. Ils sont à la fois sociaux, techniques et politiques.

«L‘équilibre budgétaire de l’ONF n’est pas une affaire réglée », a reconnu Jean-Yves Caullet, le nouveau président de l’Office national des forêt, l’ONF. Les problèmes sociaux qui ont agité cette année 2012 non plus, et le président ne l’ignore pas. Mais « il y a suffisamment de compétences, d’histoire et d’enjeux sur la forêt pour qu’on retrouve collectivement les moyens de surmonter ces difficultés, a soutenu le député de l’Yonne. Voilà l’état d’esprit dans lequel j’aborde ces fonctions. » Devant les inquiétudes des dernières années sur les missions et le statut de l’ONF, la nouvelle majorité et le président de la République lui-même ont donné un message clair : ils ont rappelé que « l’office est un établissement public, a précisé Jean-Yves Caullet, avec mission d’intérêt général sur le long terme qui vise à assurer la multifonctionnalité de la forêt et son exploitation durable dans le contexte des enjeux du changement climatique. La ligne a été rappelée ».

Norme et fiscalité : deux leviers

Jean-Yves Caullet ne découvre pas la forêt. Le maire d’Avallon est aussi président de l’association départementale des communes forestières de l’Yonne et administrateur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). En décembre 2012, le Premier ministre lui a confié une mission sur l’avenir de la forêt française et de la filière bois pour les ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture. À la suite des auditions qu’il a organisées, Jean-Yves Caullet identifie la construction bois comme l’un des « gros enjeux » pour la filière. La réglementation, les normes et certifications techniques, conclut-il, sont mal adaptées au bois matériau ; il citait les normes incendie ou encore les normes techniques pour les résineux dans le bâtiment « qui nous ont été imposées par les pays du nord, gros producteurs ». Autre point : aujourd’hui dans l’Hexagone, « la demande est insuffisante pour structurer une filière sur la base de notre ressource. Donc, si on développe la demande en bois brutalement, on aura des importations de bois. Mais il vaut mieux une plus forte demande de bois, au départ, même s’il est importé dans un premier temps. Puis se structurer pour fournir du bois transformé chez nous, puis du bois cultivé chez nous, qui corresponde à la diversité de nos forêts », c’est-à-dire au fait que la France produit beaucoup de feuillus.
Pour Jean-Yves Caullet, il s’agit de remettre aussi la forêt au sein des formations d’ingénieurs, en particulier dans le bâtiment. Son rapport sur la filière bois, qui devrait être remis début avril, comprendra aussi des suggestions sur la fiscalité, avec des propositions pour favoriser l’exploitation effective des forêts, en particulier privées.

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