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Les géants du numérique cherchent des partenaires en agriculture

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L’allemand SAP n’est pas le seul géant du numérique à s’intéresser de près à l’agriculture française. C’est aussi le cas d’IBM, de Schneider Electrics mais aussi de Google et Microsoft.

L’américain IBM est présent dans le secteur au travers de la start-up française Connecting Food créée en 2016, qui propose de la traçabilité de la fourche à la fourchette. Le français Atos, qui traite déjà les aides Pac en tant que prestataire de services du ministère de l’Agriculture au travers d’une filiale, travaille actuellement avec l’Acta (instituts techniques) à la recherche de cas d’usages de la blockchain, technologie de traçabilité numérique.

Au-delà de nos frontières, le spécialiste allemand de l’automatisation Schneider Electrics a développé en 2017 sur la plateforme Azure de l’américain Microsoft, un outil d’aide à la décision pour l’irrigation appelé ScadaFarm, avec l’aide d’une société néozélandaise spécialiste de l’irrigation, WaterForce. Google avait ouvert les hostilités en 2015 en investissant dans la start-up américaine Farmers Business Network, spécialiste des données de pratiques culturales (semis, intrants, phytos).

La méthode est presque toujours la même. Les géants du numérique nouent des partenariats avec des start-up agtech ou des spécialistes des données agricoles. Ils leur proposent a minima de l’hébergement de données, auquel peuvent s’ajouter des outils de gestion de données, voire d’analyse des données. Ce sont les fameuses solutions d’« intelligence artificielle ».

« Microsoft ou SAP ont des technologies mondiales présentes dans le cloud et cherchent des partenariats sectoriels pour rentabiliser leurs investissements et faciliter le traitement des données agricoles », explique Sébastien Picardat, fondateur de Synevop, entreprise de conseil en transformation digitale pour le monde agricole.

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Pour la plupart des personnes interrogées, ces entreprises n’ont donc pas vocation à fournir des services directement aux agriculteurs. « Les multinationales de l’informatique n’ont pas la volonté de développer des applications métier, mais elles cherchent des partenaires sectoriels qui développent des applications avec leur technologie et qui soient les prescripteurs de leurs technologies, estime Sébastien Picardat. Microsoft n’a pas de pôle dédié pour conquérir un marché sectoriel, ni les moyens humains, ni l’expertise pour développer des usages métier ».

À minima, les grandes entreprises du secteur qui voudront traiter ou gérer eux-mêmes leurs données auront du mal à se passer du service d’hébergement de ces géants de l’informatique. D’ailleurs les plateformes de SAP elles-mêmes sont hébergées chez Google, explique Olivier de la Tour chez SAP. Une partie de l’outil de prédiction sur blé de Smag est hébergée sur la solution de Microsoft. Mais la gestion des données et les techniques de « big data » sont développées par Smag lui-même, avec l’aide du cabinet Jems.

Ces entreprises n’ont donc pas vocation à fournir des services directement aux agriculteurs, elles cherchent des partenaires sectoriels