La profession agricole connaît bien André Neveu, ancien responsable du financement de l’agriculture à l’ex-Caisse nationale du Crédit agricole. Une nouvelle occasion de le connaître est suscitée par la parution d’une livre qu’il vient de signer, Les grandes heures de l’agriculture mondiale, une brillante synthèse en 200 pages sur les grands enjeux de l’agriculture mondiale.
De manière très claire, en 22 chapitres courts, André Neveu brasse des sujets aussi divers que l’implication des progrès techniques, l’exode rural, les réformes agraires, le financement, la mondialisation, le problème de l’eau, etc. André Neveu prend acte, notamment, des nouvelles exigences de la société (environnement, qualité) et de la nouvelle donne mondiale. Sans jamais les sous-estimer, il en tire les conséquences. Le rôle des nouvelles puissances agricoles est évoqué (Brésil, Argentine, Ukraine), conduisant à une « nouvelle localisation de la production agricole au XXIe siècle ».
Le paradoxe du progrès
L’ancien expert du Crédit agricole note, en particulier, un paradoxe qui n’a pas fini de marquer le monde paysan. Dans le passé, les paysans « étaient, dans leur immense majorité, fort réservés sinon opposés à toute idée de modernisation de leurs pratiques culturales habituelles ». C’étaient les citadins qui faisaient pression pour une modernisation capable d’augmenter la production. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les positions s’inversent complètement. « Les agriculteurs ont enfin accepté le progrès technique […] et ce sont les citadins qui s’interrogent sur le bien-fondé de la course au productivisme. »
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Les grandes heures de l’agriculture mondiale, par André Neveu, Edition L’Harmattan, 202 pages 17,50 euros