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Agriculture Les grands enjeux de 2011

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L’année 2011 ne s’annonce pas comme une année de calme avant les tempêtes que seront la réforme de la Pac ou les élections présidentielles. Pour le secteur agricole, bon nombre de décisions seront à prendre ou à préparer dès les premiers mois : gestion de la production laitière, application de la loi de modernisation avec notamment le régime de la contractualisation, ouverture ou non du pays à la culture d’OGM, renouvellement des équipes au sein du syndicalisme majoritaire, harmonisation des conditions de concurrence dans un secteur comme les fruits et légumes mais aussi la viande, etc.

Bruno Le Maire a fait de l’élevage son dossier prioritaire de l’année 2001. Le ministre de l’Agriculture aura, sur ce plan comme sur bien d’autres, du grain à moudre durant toute l’année, tant les enjeux s’avèrent cruciaux et nombreux : de la préparation de la réforme de la Pac jusqu’aux grandes négociations internationales en passant par le maintien des cours élevés des céréales et le nouveau paysage laitier, etc. Autant de dossiers sur lesquels les syndicats eux-mêmes devront se mobiliser, dans un contexte de marché qui s’annonce favorable pour les grandes cultures mais beaucoup moins pour les produits d’élevage.
Les politiques comme les syndicalistes devront également se déterminer sur des enjeux qui paraissent aujourd’hui moins importants sur le court terme – l’environnement, le sort réservé aux OGM, la forêt – mais tout aussi sensibles pour la compétitivité de l’agriculture française des années à venir. Le nouveau président de la FNSEA, qui – autre enjeu – devra annoncer avec plus de détail sa stratégie et constituer son équipe rapprochée au congrès de St. Malo fin mars, sera également aux prises avec la préparation de deux échéances plus politiques : les élections aux chambres d’agriculture de 2012 et… les élections présidentielles de 2012. Les observateurs de la politique française constatent que, souvent, les années qui précèdent de grandes élections sont des années d’immobilisme. Dans la sphère agricole, ils pourraient vite devenir d’un avis contraire. Revue de quinze enjeux qui vont mobiliser l’agriculture française en 2011.

1. La difficile application de la loi de modernisation
La loi de modernisation de l’agriculture (LMA) annoncée par Nicolas Sarkozy, portée par le ministre Bruno Le Maire et votée en juillet 2010, devra gagner en concret en 2011. En clair, la boîte à outils censée moderniser l’agriculture française doit se mettre en place concrètement. Parmi les mesures emblématique de la LMA : la contractualisation entre les agriculteurs et leurs acheteurs, le renforcement des interprofessions et des producteurs dans leurs filières, la gestion des risques (création de fonds de mutualisation des risques sanitaires, développement de l’assurance...), sans oublier la maîtrise du foncier (par un système de taxation lors de modifications de l’usage des terres agricoles)... Autant de dispositifs délicats à mettre en œuvre. On le voit déjà avec la contractualisation dans la filière laitière. Les partisans d’hier commencent à déchanter et à fustiger cette impréparation qui, selon eux, ressort des projets de décrets d’application. Passer de la défense politique d’orientations présentées comme stratégiques à la mise en œuvre technique de dispositifs opérationnels est difficile. Combien de lois n’ont jamais été opérationnelles faute de décrets ou de circulaires d’application adaptés ! Les mauvaises langues commencent à dire que Bruno Le Maire ne pensait pas avoir à gérer l’après-LMA, certain qu’il était de quitter le ministère de l’Agriculture à la faveur du remaniement gouvernemental. Pour les faire taire, il devra déjà réussir la contractualisation dans la filière laitière. Le rendez-vous qu’il a lui même fixé est pour mars 2011. S’il réussit, sa loi fera date dans le monde agricole. S’il échoue, elle ne sera qu’une loi de plus, vite oubliée.  (SB)

2 - 2011, « année cruciale pour la Pac »
Sous la présidence de la Hongrie puis de la Pologne, l’UE va poursuivre en 2011 la négociation sur l’ambition et la configuration de sa politique agricole après 2013, afin, espère Dacian Ciolos, de « parvenir à un accord politique en 2012 ». Le commissaire européen responsable du dossier avertit en tout cas, en cette fin d’année, que « 2011 sera cruciale pour la Pac ». Le débat est, bien entendu, lié au cadre financier que les Vingt-sept établiront pour l’avenir. Moyennant d’âpres marchandages, comme le confirme l’appel au gel du budget d’ores et déjà lancé par les dirigeants de cinq Etats membres, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Finlande. L’an prochain, « sur la base des chiffres provisoires pour le financement futur de la Pac » que proposera la Commission de Bruxelles, « nous élaborerons des propositions pour rendre notre politique plus compréhensible et mieux préparée aux défis alimentaire, environnemental et territorial », confirme donc le commissaire à l’agriculture. Qui rappelle également que « 2011 sera aussi une année vitale pour l’Europe dans son ensemble », face à une crise financière et monétaire toujours menaçante. (FXS)

3. Le G20 et la régulation des matières premières
Depuis novembre 2010 et pour un an, la France préside les sessions du G20, le groupe des vingt principales puissances de la planète. Parmi les trois objectifs prioritaires de cette présidence figure la régulation des matières premières, agricoles ou non, soumises ces dernières années à une volatilité des cours de grande ampleur. Une réunion avec l’ensemble des ministres de l’Agriculture est prévue au printemps. L’objectif est d’aboutir à une situation réduisant l’amplitude des variations de cours. Bruno Le Maire, le ministre français de l’Agriculture, a multiplié ses déplacements chez les pays qui comptent le plus sur ce sujet : Etats Unis, Chine, Inde, Russie… Reste à savoir ce qui pourrait être obtenu, entre une plus grande transparence dans les informations sur les marchés et perspectives de production et une véritable politique de régulation pouvant passer par des stocks tampon. A l’heure où l’alimentation redevient une donnée stratégique, il n’est pas certain qu’un consensus puisse être obtenu sur une régulation effective des marchés. (HP)

4. Lait : 2011, l’année de tous les changements
La filière laitière qui en 2010 s’est à peine remise économiquement de l’année « horribilis » de 2009 aura à affronter de profonds changements en 2011. Même si le prix du lait retrouve des couleurs en 2010 (avec, sur les 8 premiers mois de l’année une moyenne à 295,8 euros, soit +18 euros/1000 litres - source FranceAgriMer), même si les perspectives sont bonnes pour janvier (322 euros/1000 litres en Bretagne et Pays de la Loire) et pour le premier trimestre selon la FNPL, la filière risque d’entrer en zone de turbulence en 2011. La contractualisation entre les producteurs et leurs transformateurs devra devenir effective en mars 2011. Le décret qui est passé au Conseil d’Etat est attendu dans les tout prochains jours. Les syndicats d’agriculteurs, qu’ils soient a priori favorables ou pas au principe, alertent sur un « tempo » qu’ils jugent trop rapide. Deuxième motif de tensions : la contractualisation telle que formalisée dans le décret est jugée « peu protectrice » pour les producteurs.
La Confédération paysanne vient de demander un délai d’un an avant l’application de la contractualisation, mesure emblématique de la loi de modernisation agricole. Le temps de permettre aux éleveurs de se regrouper en « organisations de producteurs » (OP) efficaces afin de peser face aux transformateurs. En plus, le décret OP est loin d’apporter des réponses aux questions des syndicalistes. La concertation sur ce sujet devrait se poursuivre en janvier. Autre chantier et non des moindres : la gestion des quotas laitiers par bassin de production et non plus par département. Ce qui va modifier des habitudes ancrées depuis de nombreuses années dans le paysage laitier français. Avec la contractualisation, cette gestion par bassin est un véritable bouleversement pour la filière. Le gouvernement veut faire bouger les lignes. Cela va faire beaucoup à « digérer » pour les producteurs de lait en 2011. Peut-être trop. (SB)

5. Les marchés céréaliers toujours sous tension
Des fondamentaux haussiers, des politiques publiques unilatérales et une financiarisation accrue des marchés agricoles devraient maintenir les prix des céréales sur de hauts niveaux en 2011. Avec des stocks européens de fin de campagne 2010/2011 estimés à 8,2 Mt, selon le cabinet d’étude Tallage, soit une baisse de 39% par rapport à 2009/2010, et des semis d’automne dans le nord de l’Europe limités par des conditions humides, le marché promet d’être tendu en 2011. De plus, les récoltes en cours dans l’hémisphère sud, qui auraient pu jouer le rôle de variable d’ajustement, seraient pénalisées par des conditions climatiques difficiles. Au niveau politique, la prolongation de l’embargo russe sur les exportations de céréales jusqu’à l’été 2011, ainsi que la décision du Congrès américain de prolonger les subventions à la production d’E15, principalement à base de maïs, pour un an supplémentaire, devraient aussi soutenir les cours mondiaux. Pour finir, les corrélations de plus en plus fortes entre les marchés financiers agricoles et ceux de l’énergie notamment, dont les cours progressent en sympathie avec la demande croissante des pays émergents, pourraient faire monter les prix. De plus, la crise de confiance des investisseurs dans les placements en actions ou en obligations, les a parfois induits à se reporter sur les matières premières agricoles, amplifiant du même coup les mouvements haussiers.

6. La mention d’origine « chargée » de faire remonter les prix en porc
Le 15 décembre, un accord volontaire sur la mention d’origine des produits du porc, en charcuterie comme en frais, a été signé en interprofession. Cet accord, souvent qualifié de « stratégique » doit débuter au 31 mars 2011. Il a pour but, entre autres, de favoriser l’achat de porc français par les salaisonniers et indirectement d’aider à faire remonter le prix à la production. Cette hausse des prix « est le chantier qui suit » celui de la mention d’origine, expliquait Guillaume Roué, président d’Inaporc, lors de l’assemblée générale de l’Union des groupements des producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), le 22 décembre. En effet, « la répercussion des coûts de revient est indispensable et le marché seul ne peut le faire. » Avec la hausse des cours des céréales, les éleveurs de porcs ne couvrent plus leurs coûts de production. Un tiers d’entre eux risquent de disparaître d’ici l’été prochain. « On n’échappera pas à une restructuration collective », souligne aussi Guillaume Roué, qui la prévoit déjà en 2011. Restructuration d’autant plus nécessaire dans un contexte de part de marché à prendre à l’internationale et de manque de compétitivité de la filière porc française. (FG)

7. Fruits et légumes : lutter contre les distorsions de concurrence
2010 a apporté au secteur des fruits et légumes des raisons de ne pas désespérer : les conditions climatiques ont permis « à de nombreuses exploitations de ne pas être dans le rouge », selon la Fédération nationale des producteurs de fruits, tandis que la moitié du chemin a été franchie sur le dossier des charges salariales, avec l’allègement des charges sur le travail saisonnier, entré en vigueur en 2010. La même avancée est attendue en 2011 avec l’allègement des charges sur le travail salarié des permanents, comme le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire l’a lui-même déclaré à l’automne. Un dossier qui, avec la mention d’origine des produits, devrait contribuer à atténuer les distorsions de concurrence dont bénéficient d’autres pays producteurs.
Un dossier important qui devrait avancer dans les premiers mois de 2011 (mais avant le 1er mars) est celui de la contractualisation des fruits et légumes tout au long de la filière. Mais il s’annonce plus difficile à traiter que les précédents, les producteurs espérant sécuriser leur revenu. (MN)

8. Des négociations internationales cruciales pour la viande bovine et la volaille de chair
Des négociations à l’OMC pourraient modifier complètement le paysage de la production de viande bovine et de volaille de chair. Or, elles pourraient aboutir en 2011. En viande bovine, les négociations avec le Mercosur portent sur des milliers de tonnes de viandes importées (de 250 000t à 800 000t, voire 1,5 million pour 2020), « qui déstabiliseraient entièrement la production nationale », précise la Fédération nationale bovine. Côté volaille de chair, les négociations portent sur le retrait des aides directes à l’exportation, avec une diminution des droits de douane, une modification des contingents à droit de douane 0. Un pré-accord a déjà vu le jour en 2009. Si les aides à l’export de l’Union européenne peuvent être largement diminuées, il n’en sera pas de même pour celles des pays tiers, qualifiées d’« indirectes » (défiscalisation, coût de main d’œuvre, parité des monnaies…). La France, première exportatrice de viande de volaille de l’UE (200 000t sur 240 000t) serait la première atteinte. En clair, « cet accord signé, c’est 20% de la production française qui disparaît », affirme Christian Marinov, directeur de la Confédération de l’aviculture. (ED)

9. Agriculture biologique : des objectifs plus difficiles à atteindre
Parvenir à cultiver 6% des surfaces agricoles en bio en 2012 : ce défi fixé par le plan Barnier en faveur de l’agriculture biologique était déjà difficile à relever ; il le devient plus encore avec la division par deux du crédit d’impôt (2 000 euros au lieu de 4 000) imposée par la loi des finances 2011. « On est encore bien loin de cet objectif puisque les surfaces cultivées en bio s’élevaient fin 2009 à 670 000 hectares … soit seulement 2,6% de la surface agricole utilisée », notent la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), Nature et Progrès et la Confédération paysanne, dans un communiqué commun du 13 décembre. Si l’année 2010 s’annonce comme une année spectaculaire en termes de conversions, sans pour autant parvenir à satisfaire la demande, un ralentissement des aides en 2011 pourrait être perçu comme un signal négatif en direction des agriculteurs. « Alors que la demande française de produits bio va croissant, que les taux de surface en conversion n’y suffisent pas, que restera-t-il du marché bio français pour s’approvisionner ? L’importation ? », s’insurgent encore les trois associations qui demandent un encouragement de la production biologique locale. (AFR)

10. Vin : reconquérir ou non le marché mondial
Vendre, et surtout exporter, à un prix rémunérateur, sera le principal enjeu du monde viticole en 2011. Après plusieurs années de crise, avec des prix au départ de la propriété parfois en dessous des coûts de production, de nombreux viticulteurs connaissent des difficultés économiques importantes qui sont encore aggravées par deux petites récoltes successives. La remontée des prix cette année, par rapport à 2009, ne permet pas encore de revenir au niveau des cours moyens des cinq dernières années, selon FranceAgriMer. La demande en forte croissance des pays d’Asie et des pays d’Europe du Nord représente un espoir. La filière française devra continuer à prendre des parts sur ces marchés difficiles d’accès. Le moment y est favorable en raison d’un meilleur équilibre, en ce qui concerne les volumes, entre l’offre et la demande mondiales. Sur le plan réglementaire, les producteurs de vins à indications géographiques (AOC et IGP) voudraient réussir leur négociation européenne en faveur du maintien du régime des droits de plantations ou un régime équivalent permettant de réguler la production et de l’attacher à un territoire. Autre négociation importante : l’après 2013, le futur de la Pac. L’année 2011 s’annonce comme une année charnière. (AFR)

11. FNSEA : le congrès de Xavier Beulin
C’est du 29 au 31 mars que se tiendra à St. Malo le congrès de la FNSEA. Un congrès qui devrait en toute logique voir Xavier Beulin confirmé par le nouveau conseil d’administration qui sera élu à ce moment. L’hypothèse inverse n’a jusqu’à présent jamais été observée. De fait, le véritable enjeu de cet événement consistera dans la capacité du nouveau président à former sa propre équipe, avec le poste particulier de secrétaire général, détenu aujourd’hui par Dominique Barrau et pour lequel Christiane Lambert pourrait être pressentie. Avant cela, c’est même l’ensemble du conseil d’administration qui devrait être concerné par un renouvellement d’assez grande ampleur, incluant l’arrivée de bon nombre de militants plus jeunes et dont certains ont été élus à la présidence de FDSEA.
De cette équipe dépendra la plus ou moins grande adhésion à une politique que Xavier Beulin veut résolument tournée vers l’investissement en aval dans la transformation agricole afin de récupérer une part majeure de la valeur ajoutée des filières. Ce sera à cette occasion qu’il sera sans doute amené à préciser, au-delà des objectifs généraux, son projet pour le syndicalisme agricole majoritaire. (HP)

12. Le Grenelle tangue mais ne sombre pas
Le gouvernement assure que l’intégralité des 201 décrets d’application issus de la loi Grenelle 2 de l’environnement (votée le 29 juin 2010) sera publiée d’ici le premier trimestre 2012. Pourtant, tous les indicateurs ne sont pas au vert. Le remplacement de Jean-Louis Borloo par Nathalie Kosciusko-Morizet à la tête d’un ministère de l’Ecologie au périmètre réduit inquiète les défenseurs de l’environnement. Et Bruno Le Maire plaide pour « une pause en matière de règles environnementales » afin de laisser aux agriculteurs le temps de digérer les mesures déjà votées. Pour ce qui concerne l’agriculture, un certain nombre de mesures emblématiques comme l’agrément des utilisateurs des produits phytosanitaires est quand même attendu d’ici le printemps 2011 devant le Conseil d’Etat. Certains dossiers sont déjà sur les rails comme le plan Ecophyto 2018 (le Certiphyto sera généralisé en juin 2011) mais d’autres semblent au point mort. C’est notamment le cas de la certification environnementale des exploitations agricoles et de la mise en place des trames verte et bleue. (AG)

13. Année charnière pour les OGM
La Commission européenne a décidé de débloquer le processus d’autorisation de mise en culture de plantes génétiquement modifiées au sein de l’UE. Bruxelles propose aux Etats de pouvoir interdire la culture d’OGM sur tout ou partie de leur territoire « à condition que ces mesures soient fondées sur des motifs autres que ceux liés à l’évaluation de l’effet néfaste sur la santé et l’environnement ». Mais ce projet de renationalisation des autorisations n’a pas reçu un très bon accueil de la part des Etats membres. Certains demandent plutôt un renforcement de l’évaluation des OGM par l’EFSA (agence européenne de sécurité alimentaire) et doutent de la solidité juridique de la proposition, notamment devant l’OMC. Les discussions informelles se poursuivent, et John Dalli, le commissaire européen en charge de la santé et de la politique des consommateurs, souhaite qu’elles aboutissent à un compromis dès 2011. En France, la mise en application de la Loi de 2008 sur les OGM a pris du retard. Le décret définissant le « sans OGM » devrait voir le jour au premier semestre. Une fois publié, les autres décrets suivront : conditions de coexistence entre filières et information au public. (AG)

14. Energies renouvelables : coup d’arrêt ou relance ?
La suspension du tarif de rachat de l’électricité photovoltaïque par le gouvernement pour éviter une surchauffe a jeté un coup de froid sur tout le secteur des énergies renouvelables. Une phase de concertation a commencé entre l’ensemble de la filière photovoltaïque et les pouvoirs publics qui devrait aboutir à la rédaction d’un texte réglementaire pour le mois de mars. Le gouvernement souhaite mettre sur pied un mécanisme qui permette une montée en puissance progressive pour qu’une industrie française puisse éclore. Une chose est sûre : les tarifs de rachat seront revus à la baisse. Un autre enjeu est la préservation du foncier agricole face aux centrales solaires au sol. Pendant ce temps, la réévaluation du tarif de rachat de l’électricité produite à partir de biogaz et l’autorisation d’injecter directement du biogaz dans le réseau (prévue par le Grenelle) se font toujours attendre. Peu avant son départ, Jean-Louis Borloo avait multiplié les annonces, assurant que la publication des décrets serait pour « les semaines à venir ». Deux mois plus tard, toujours rien ! Il se dit désormais que le texte pourrait voir le jour durant le premier trimestre 2011. Les pouvoirs publics veulent éviter que l’expérience de l’électricité photovoltaïque – avec la création d’une bulle spéculative - ne se reproduise pour le biogaz. (AG)

15. Forêt : une reprise qui se confirme et des tensions sur la ressource
La reprise entrevue fin 2009 s’est confirmée en 2010. Et les experts estiment que les prix devraient être orientés à la hausse pour les 3 années à venir. L’augmentation du prix du bois est à la fois conjoncturelle – du fait de la hausse générale du prix des matières premières agricoles – et structurelle – la crise passée, la demande repart sur le marché mondial. Et les demandes en bois énergie ne font que renforcer cette situation. Les fabricants de panneaux, par exemple, s’inquiètent depuis des mois de ne plus trouver leur matière première qui sert à alimenter les grandes unités de cogénération d’électricité. Un troisième appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a été lancé en juillet 2010 pour l’installation de 200 MW supplémentaires. Les projets retenus seront connus début 2011. Mais de plus en plus de questions se posent sur la durabilité de ces très grands projets. (AG)

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