Dans les Hautes-Alpes, depuis juin, plus de cinquante animaux (bovins, ovins ou équins) seraient morts de fièvre charbonneuse dans 28 exploitations. Il s’agit selon l’AFP de la plus importante épidémie animale de cette maladie survenue en France depuis près de vingt ans. Les premiers cas ont été observés le 28 juin à Montgardin, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Gap, où six vaches ont été retrouvées mortes. En près de deux mois, la maladie s’est étendue à treize communes, sur lesquelles les autorités sanitaires recensent 23 foyers distincts.
Lorsqu’un foyer est confirmé, la préfecture « prescrit la vaccination de tous les animaux concernés », indique Serge Cavalli, directeur adjoint à la Direction départementale de protection des populations. Si les antibiotiques fonctionnent, le vaccin est le moyen le plus efficace pour limiter la propagation. Mais les vétérinaires font face à une pénurie temporaire : le laboratoire espagnol qui produit le vaccin était fermé au mois d’août. Une épidémie temporaire face à laquelle les éleveurs espèrent "que l’État fera le nécessaire pour trouver le plus grand nombre de vaccins dans les plus brefs délais", rapporte Alexandre Lagier, président des JA des Hautes-Alpes.
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La bactérie Bacillus anthracis survit des dizaines d’années sous forme de spores dans les terres où ont été enterrés par le passé des animaux morts du charbon ou porteurs de la maladie : des "champs maudits", non cartographiés dans le département. La maladie est transmissible à l’homme et potentiellement mortelle dans ses formes les plus rares (pulmonaire et gastro-intestinale). Mais les cas de transmission sont « extrêmement rares et aucun malade n’a été observé à ce jour » dans les Hautes-Alpes, rassure le docteur Christine Ortmans, de l’Agence régionale de santé (ARS). La FDSEA du département a déposé plainte le 23 août contre X pour "connaître la vérité" sur la résurgence de cette maladie transmissible à l’homme. Le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA) devait faire de même fin août.