Comme on pouvait le prévoir au vu des résultats de 11 premiers mois, l’ensemble de l’année 2007 se solde finalement par un fort excédent des échanges agroalimentaires qui atteint 8,9 milliards d’euros, dans le prolongement de l’excédent 2006, qui était de 8,7 Mds. Le contraste est saisissant avec la tendance générale du commerce extérieur de la France dont le déficit s’est aggravé pour atteindre 39,2 milliards d’euros. « Je suis convaincu que les IAA continueront à progresser à l’export », a assuré Hervé Novelli en présentant ces résultats de l’année. Les entreprises du secteur bénéficieront des 10 mesures annoncées par le secrétaire d’Etat pour donner une nouvelle impulsion aux exportations françaises. Parmi lesquelles : la réforme de l’assurance-prospection, le renforcement de l’approche sectorielle et la définition de 50 pays cibles, le doublement des VIE d’ici fin 2009 (grâce notamment à l’ouverture de la procédure aux entrepreneurs français implantés à l’étranger ayant un partenaire en France) et le doublement du soutien accordé aux entreprises pour participer à des salons (3 000 au lieu de 1 500 euros).
En 2007, les exportations agricoles et alimentaires ont totalisé 47 milliards d’euros sur un an, en hausse de 8 % par rapport à 2006, ce qui confirme le décollage amorcé cette année-là (+ 7 %). Les importations ont crû à un rythme légèrement plus rapide (+ 8,6 %) pour atteindre près de 38 milliards d’euros.
Le secteur agricole, qui représente un quart de ces exportations, a vendu pour 11,8 milliards à l’étranger, soit une nette accélération (+ 9,6 % contre + 4 % en 2006 et + 1 % en 2005) qui reflète en partie la flambée des cours des matières premières. Nos importations agricoles croissent presque aussi fort (+ 7,7 %, contre + 2 % les deux années précédentes). Le solde, positif de 2 Mds d’euros, progresse ainsi en un an de 300 M EUR.
Les exportations de produits des industries agroalimentaires ont également connu une forte augmentation en 2007 (+7 %), à 34,8 milliards d’euros, mais celle-ci s’inscrit légèrement en retrait par rapport à celle enregistrée en 2006 (+8 %). Cette hausse concerne aussi bien nos ventes de boissons, en hausse de 6 %, que celles des autres produits du secteur (+8 %). Nos exportations de boissons (essentiellement vins et spiritueux) enregistrent une performance en deçà de celle de 2006 (+12 %), alors que c’est l’inverse pour les autres produits des IAA.
Nos exportations ont progressé de façon soutenue (+8 %) vers nos six principaux clients européens (plus de 60 % de nos exportations), encore plus rapidement qu’en 2006 (+7 %). Nos exportations vers les Etats-Unis, notre premier client non européen, ont, en revanche, été décevantes cette année (+16 % après +19 % en 2006). Vers les pays émergents, nos ventes ont été dynamiques, particulièrement vers la Chine où elles ont quasiment doublé, mais aussi vers la Russie (+ 20 %) ou vers Singapour (+ 16 %).
Parallèlement, les importations de produits des IAA affichent une croissance particulièrement élevée (+ 10 %), supérieure à celle de nos exportations, réduisant ainsi l’excédent commercial de ce secteur (6,9 milliards d’euros) de 220 M EUR.
Fléchissement en fin d’année
Sur les deux derniers mois de l’année, les douanes signalent néanmoins un fléchissement des ventes en particulier pour le cognac exporté à Singapour ou expédié vers une plate-forme logistique belge en préalable de livraisons aux Etats-Unis. Les douanes notent aussi un ralentissement des importations sur tous les produits venant de l’UE et de manière plus marquée des huiles végétales provenant du Brésil, de l’Ukraine et de l’Indonésie.
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Ainsi, le solde des échanges agricoles ressort en décembre à + 135 M EUR et celui des IAA à 670 M.
Vins et spiritueux : progressions vers l’Europe et l’Asie
Les exportations de vins affichent à nouveau une excellente performance (+ 7,8 %), portant l’excédent des échanges à 6,2 milliards d’euros. Les ventes atteignent 6,8 milliards et la progression concerne la quasi-totalité des pays clients. Si les livraisons sont en fort recul vers l’Amérique et en particulier les Etats-Unis, c’est que l’installation en Belgique d’une plate-forme logistique d’un des principaux producteurs de boissons alcoolisées conduit à expédier à ce pays des produits in fine destinés au marché américain. Hors ce cas particulier, les exportations vers l’Europe sont dynamiques, notamment vers le Royaume-Uni, principal client de la France. Seules les ventes au Danemark affichent un léger recul.
Les exportations vers l’Asie sont également très bien orientées : si elles stagnent vers le Japon, de loin le premier client de la zone, elles s’amplifient en effet très fortement vers Singapour, la Chine et Hong Kong. Les exportations de champagne sont bien orientées avec une progression globale de 9,2 %. Les ventes de bourgogne sont en très forte hausse (+ 13,1 %) et celles de bordeaux croissent plus modérément (+ 5,3 %).
Les importations, dont le niveau est certes cinq fois moins important que celui des exportations, progressent nettement en 2007 (+9,6 %) et atteignent 546 M EUR. Les achats en provenance de l’UE augmentent, hormis en Italie. Ceux en provenance des pays tiers accélèrent depuis la Nouvelle-Zélande, l’Argentine, l’Australie et les Etats-Unis, mais reculent en provenance du Chili.
Les spiritueux, pour leur part, dégagent un excédent de 2 milliards d’euro. Les exportations progressent de 3,3 % et atteignent 2,7 milliards d’euros. Les ventes de cognac font encore mieux avec une progression de 11,9 %. Là aussi, les ventes aux Etats-Unis subissent l’impact de la plate-forme située en Belgique. Les importations de spiritueux augmentent de 6,9 % à 745 M EUR ; avec de fortes progressions depuis l’Italie, l’Espagne, ainsi que la Suède et la Pologne.