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Les IAA paient déjà 670 M EUR pour la lutte anti-pollution

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Les entreprises agroalimentaires de 100 salariés et plus ont dépensé au total 469 millions d’euros en 2007 pour la protection de l’environnement. Un montant tout à fait stable par rapport à 2004 (463 M EUR), selon une enquête périodique effectuée par le Service statistique du ministère de l’Alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Depuis 2006, cette enquête porte aussi sur l’ensemble des établissements agroalimentaires d’au moins 20 salariés, dont les dépenses environnementales totalisent un montant évidemment supérieur, évalué à 671 M EUR en 2007.

Entre 2004 et 2007 la structure des dépenses a peu évolué, note l’étude sur les établissements de plus de 100 salariés : la part des redevances, cotisations et taxes diverses, poste numéro un, est quand même un peu plus faible en 2007 parce que les contributions relatives aux emballages passent de 89 à 74 M EUR. A contrario, les dépenses courantes de fonctionnement des installations progressent. Ceci pour la construction de nouvelles stations d’épuration dont il faut assurer le fonctionnement et l’entretien et aussi du fait d’une gestion plus rigoureuse des déchets. Les sommes consacrées aux investissements sont stables, passant de 113 M en 2004 à 110 M en 2007. Et les dépenses d’études sont revues à la baisse, passant de 8 M EUR en 2004 à 6 M en 2007.

Près de la moitié sous forme de taxes
De l’enquête 2007 sur les établissements de plus de 20 salariés, publiée cet été (1), il ressort bien sûr un chiffre supérieur, puisque le total des dépenses liées à l’environnement atteint dans cette étude 671 M EUR. Près de la moitié de leurs dépenses pour la protection de l’environnement est consacrée aux redevances et taxes et un peu plus du quart à des dépenses de fonctionnement. Le solde finance des investissements ou des études anti-pollution. Le traitement des eaux usées, parce qu’il nécessite de gros investissements, est le premier domaine d’action des entreprises agroalimentaires dans leur lutte contre les pollutions.
En 2007, les redevances et taxes liées à la protection de l’environnement ont coûté 318 M EUR aux établissements agroalimentaires, selon l’enquête, incluant le traitement des eaux usées (69 M EUR) plus 35 M de taxes générales sur les activités polluantes et les redevances aux Agences de l’eau, le traitement des déchets (118 M) et 96 M EUR pour paiement des prestations assurées par des organismes de recyclage des emballages (Eco-emballage notamment).
Outre ce premier poste de dépenses, qui dépasse tous les autres, les IAA payé 160 millions pour faire tourner leurs équipements anti-pollution, y compris les salaires des personnels dédiés.

4% des investissements du secteur
Au titre de l’investissement, 168 M EUR ont été affectés à l’environnement par ces entreprises, soit 4 % du total de leurs investissements de 2007, ce montant étant plus important en 2006 (192 M), année marquée par la création ou l’agrandissement de stations d’épuration. En fait, un établissement sur trois a procédé à de tels investissements, avec une prépondérance des grandes unités et, là aussi, une dominante pour le traitement des eaux (83 M EUR). Tous domaines confondus (eau, protection des sols et de l’air, valorisation des déchets), on estime à 57 % de l’investissement total la part du traitement et de l’élimination et à 27% la part des dépenses de prévention des pollutions.
Les différentes activités agroalimentaires ne sont pas, bien évidemment, sur un pied d’égalité au regard de la pollution ; ainsi, le montant moyen de dépenses environnementales atteint 692 000 euros dans les établissements relevant du secteur des corps gras alors que la moyenne pour l’ensemble des IAA n’est que de 162 000 euros.

(1) Enquête du Service de la statistique et de la prospective (ex-SCEES) in Agreste Primeur n° 229 –juillet 2009

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