L’évolution du volume des importations agricoles de l’UE n’a eu qu’un impact limité sur la production agricole européenne. Pour des produits sensibles tels que la viande bovine ou le sucre, la baisse de production s’est accompagnée d’un recul en parallèle des importations, indique un rapport publié par la Commission européenne. La hausse des importations a également eu un rôle limité dans les changements structurels de la production agricole.
Au cours de la période 2005-2018, les importations agricoles ont eu un impact limité sur la production agricole de l’UE, notamment par le biais des effets de volume, explique une étude sur « les importations agroalimentaires et leur rôle dans les chaînes d’approvisionnement de l’UE » commandée par la Commission européenne et publiée le 20 janvier. Pour de nombreux produits, l’évolution à la hausse comme à la baisse du volume des importations se produit simultanément à celle de la production. Cela peut indiquer, explique le rapport, préparé notamment par l’université de Wageningen aux Pays-Bas, « une complémentarité, plutôt qu’une concurrence » entre importations et production.
Concernant la viande bovine, la part des importations dans la production totale de l’UE est passée d’environ 7 % en 2005-2006 à 3-4 % à partir de 2008. Cette baisse est liée à la fièvre aphteuse au Brésil, qui a réduit la capacité du pays à exporter vers l’UE, précisent les auteurs de l’étude. Quant à la production de viande bovine de l’UE, elle affichait une tendance constante à la baisse jusqu’en 2011. Cette tendance explique le rapport, s’explique par les quotas laitiers de l’UE, qui ont entraîné un déclin des troupeaux laitiers alors que la production de lait par vache continuait d’augmenter. D’autre part, il ajoute que les tendances à partir de 2011 semblaient déterminées par la réponse anticipée à la proposition d’abolition du régime des quotas laitiers de l’UE, annoncée et mise en œuvre en avril 2015.
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Un rôle mineur sur les changements structurels du secteur
Pour le sucre, les importations représentaient 13,3 % de la consommation intérieure totale en 2016-18, alors qu’elles étaient de 15,5 % en 2005-07. Quant à la production de sucre, elle a diminué à la suite des ajustements des quotas de production de sucre de la Pac en 2006, indique le rapport. Entre 2005-07 et 2016-18, le volume de production de l’UE pour l’ensemble du sucre affichait une tendance à la baisse (-9,8 %) alors que les importations et les exportations diminuaient, respectivement de 15,1 % et de 47,8 %. Pour d’autres produits, les importations ont diminué alors que la production intérieure de l’UE a augmenté. C’est notamment le cas pour le blé.
L’impact global des importations sur les changements structurels du secteur agricole au sein de l’UE semble également avoir été mineur entre 2005 et 2018, estime le rapport. Il explique que la croissance de la concentration et les gains de rendement peuvent être observés dans l’ensemble du secteur agricole de l’UE, quelle que soit l’ampleur ou la portée de la variation des importations sur la période étudiée. Malgré l’urbanisation croissante et la concurrence des secteurs non agricoles, la diminution des terres arables a finalement été modeste avec une baisse de seulement 3,9 % (-4,2 Mio d’hectares).