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Conjoncture Chine Les importations de la Chine plombent sa balance commerciale

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La Chine connaît une véritable explosion de ses importations sur le 1er trimestre 2012, tandis que sa croissance descendrait sous les 8%, selon les autorités. En outre ses partenaires commerciaux sont peu nombreux, ce qui réduit sa marge de manœuvre. Pékin tente donc d’assurer son autonomie alimentaire en investissant dans la production de matières premières et en limitant la concurrence alimentaire des biocarburants et de l’amidon.

La Chine souffre certes d’un ralentissement de sa croissance, mais elle fait également face à une explosion de ses importations. Selon la lettre de veille et d’analyse de l’économie et de l’élevage en Chine de l’Institut de l’élevage, au 1er trimestre 2012, les achats chinois de maïs ont été les plus importants jamais réalisés par le pays, à 1,742Mt, contre 1,751Mt sur l’ensemble de l’année 2011. Cette hausse des importations est non seulement due à l’utilisation industrielle de la graine, mais aussi à une forte demande de l’élevage. Le cheptel national augmente, mais c’est surtout la concentration des élevages qui gonfle la consommation de maïs par l’abandon de la mise à l’herbe des vaches.

Des besoins en constante augmentation

Et la tendance est similaire sur l’ensemble des produits alimentaires. Face à l’inflation du maïs, les éleveurs se tournent désormais vers le blé pour compléter leur alimentation animale. Au 1er trimestre, les importations ont ainsi atteint plus d’1,1Mt, soit l’équivalent de l’ensemble des années 2010 et 2011. Les importations de soja ont, elles, progressé de 20%, à 23,5Mt, sur les 5 premiers mois de l’année, précise par ailleurs Jean-Marc Chaumet, chef de projet à l’Institut de l’élevage. La poudre de lait profite également de la demande chinoise, avec une hausse des importations de l’ordre de 18% au premier trimestre à 194 000 tonnes. La valeur totale de ces achats dépasse les 690 millions de dollars, en hausse de 21% par rapport à l’an dernier. Et cette tendance devrait perdurer. Selon Jean-Marc Chaumet, les analystes tablent d’ailleurs sur une progression des importations de maïs jusqu’en 2020-2025.

Diversifier ses partenaires commerciaux

Or, ce bond des achats extérieurs pèse fortement dans la balance commerciale chinoise, mais c’est aussi la dépendance du pays à ses exportateurs qui inquiète les autorités. Sur le premier trimestre 2012, 95,5% de leurs importations de maïs proviennent des Etats-Unis, 90% du blé d’Argentine, et 97% de la poudre de lait de Nouvelle-Zélande. Grâce à un accord de libre-échange ouvrant des contingents tarifaires spécifiques, en 2012, la Nouvelle-Zélande a pu exporter 115 473 tonnes de poudre de lait pour un droit de douane de 5,8%. Un contingent rempli en seulement deux mois. Depuis, la Nouvelle-Zélande maintient son rythme d’exportation malgré des droits de douane qui ont doublé à 10%. En mars, les exports ont totalisé plus de 57 000 tonnes, soit 12% de plus que l’an dernier.

Maîtriser ses importations

Pékin tente donc de diversifier ses apports de matières premières agricoles. Ainsi, ce sont 50 000 tonnes de maïs et de blé qui ont été expédiées d’Ukraine en avril. Le 20 du même mois, un accord d’échanges commerciaux entre l’Argentine et Pékin entrait en vigueur. Mais plus que de nouveaux accords, la Chine cherche à acquérir une meilleure autonomie alimentaire. Les besoins du pays en maïs sont avant tout dus à une forte demande des industriels locaux. En 2009/2010, sur une production nationale de 164 Mt, 45 Mt ont été utilisées dans l’industrie (éthanol, amidon, alcool…). Afin de restreindre cette concurrence alimentaire, qui joue non seulement sur les stocks du pays, mais aussi sur les prix mondiaux du maïs, le gouvernement prévoit l’élimination d’ici 2015 des usines de transformation de maïs de petites tailles. En ce qui concerne les produits industriels laitiers, les investisseurs chinois s’intéressent de plus en plus aux infrastructures néo-zélandaises et australiennes. Le 20 avril, le groupe chinois Shangaï Pengxin a ainsi obtenu l’autorisation de racheter 16 fermes laitières dans le nord de la Nouvelle-Zélande. Pour un total de 118 millions d’euros, le groupe chinois dispose désormais d’une propriété de 8 000 hectares pouvant accueillir un cheptel de 25 000 animaux.

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