Abonné

Fromages Les indications géographiques veulent une meilleure reconnaissance

- - 3 min

Lors de son assemblée générale, le Comité national des appellations d’origine contrôlée a demandé à être mieux pris en compte par les politiques publiques. Les fromages sous indication géographique misent sur la recherche et veulent améliorer leur gestion de l’offre.

L’assemblée générale du Comité national des appellations d’origine contrôlée (Cnaol) s’est tenue vendredi 29 septembre à Evian (Haute-Savoie), réunissant 200 personnes. Dominique Chambon, président et producteur fermier de Rocamadour, a insisté sur la nécessite de renforcer la place et la protection des produits sous indication géographique, explique-t-il dans un communiqué du 30 septembre. « Alors que l’agroécologie est au centre des débats, on ne parle pas des appellations d’origine protégées (AOP) et des indications géographiques protégées (IGP) ! Ce sont pourtant des projets valorisant leur terroir et leur environnement, portés par des filières durables, avec une localisation de la valeur créée, qui ont démontré leur réussite », explique t-il. Il attend « une confirmation d’un engagement en faveur des indications géographiques », notamment dans la mise en œuvre de la Pac. « Les exploitations laitières engagées dans les AOP/IGP ont besoin d’un accompagnement adapté. Nous serons attentifs aux propositions sur le secteur laitier, dans les zones difficiles et dans la mise en œuvre des mesures du Feader », argumente l’éleveur.
 
Miser sur la recherche et développement
La recherche et développement était le thème central de cette assemblée générale. Car si les AOP peuvent véhiculer une image de tradition, voire de passéisme, admet Dominique Chambon, les filières doivent au contraire être très dynamiques, pour « préserver une bonne performance économique, sociale et environnementale ». Il a insisté sur l’importance de la recherche, notamment sur la microflore naturelle des laits pour le lait cru, l’influence des pratiques d’élevage, ou encore la valorisation de l’herbe. Le Cnaol s’est d’ailleurs récemment doté d’une commission « recherche et développement » pour étudier ces domaines.
 
Le paquet lait patine
Dominique Chambon a également « pointé du doigt plusieurs dossiers qui nécessitent des améliorations et un appui des pouvoirs publics », notamment l’évolution du paquet lait. Si les règles européennes donnaient la possibilité aux fromages sous indication géographique de réguler leur offre, sa mise en place patine. La règle des « deux tiers », notamment, pose problème, explique Dominique Chambon : les décision doivent être prises par deux tiers des producteurs produisant au moins deux tiers des volumes de lait, et par deux tiers des transformateurs fabriquant deux tiers des volumes de fromages, ce qui rend difficile toute avancée. Il a également évoqué la concurrence de mentions valorisantes (montagne, produits locaux et marques régionales) et les usurpations en France et dans le monde.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.