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Volaille/Assemblée générale Les industriels de la volaille doutent de leur avenir

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Après la tempête, les industriels de la volaille font le point et préparent le prochain coup de vent. Réunis à l’occasion de l’assemblée générale de la fédération des industries avicoles (FIA), ils s’inquiètent notamment de la détérioration des échanges extérieurs de leur secteur : alors que les exportations de volaille française ont chuté de 4 % en 2005, dans le même temps, les importations sur le sol hexagonal ont crû de plus de 9 %. Des mauvais chiffres qui s’ajoutent aux reculs respectifs de la production et de la consommation de l’ordre de 2,3 et 1,2 % sur l’année. Pour faire face à une éventuelle nouvelle crise à l’automne prochain, le FIA appelle ses adhérents à miser sur l’innovation et la communication pour soutenir la consommation.

La crise est passée, la consommation reprend, mais l’avenir des industriels reste encore dans le brouillard. Réunis à l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération des industries avicoles (FIA), ils ont pu faire les comptes. En 2005, selon la FIA, la production des abattoirs aura diminué de 2,3 %, à 1 884 000 tonnes et la consommation de 1,2 %, à 1 439 000 tonnes… avec une augmentation des stocks de l’ordre de 40 000 tonnes. Quant aux exportations de volaille française, elles affichent une diminution de 4 % en volume et 3 % en valeur. Les tonnages ont baissé de 7 % en direction du marché communautaire, et de 5,6 % en direction des pays tiers. Et sur le premier trimestre 2006, le recul de l’export atteint les 22 % en valeur. Quant au retour au statut « de pays indemne de toute grippe aviaire hautement pathogène » de la France depuis le 18 juin, cela ne devrait pas changer grand-chose : « La menace sur les échanges internationaux demeure, et la machine est toujours bloquée », a déploré au cours des débats Jean Perret, président du Syndicat national des accouveurs (SNA).

Des prévisions pessimistes

Mais si les exportations baissent, les importations, elles, ont bondi de 9,8 % en 2005, s’inscrivant dans une diminution continue du solde commercial depuis la fin des années 1990. Une dégradation des échanges extérieurs du pays qui inquiète les professionnels. La question ne serait plus de savoir si la consommation de volaille reviendra à un niveau normal, mais si « la volaille française a la capacité de retrouver sa part dans les ventes de volaille», selon Jean Perret. Les prévisions pour 2006 de la FIA ont de quoi angoisser les industriels : -10 % en production, -8 % en consommation, et – 25 % en exportation ; une étude de l’AND table sur une réduction de 19 % de la production avicole d’ici 2014… des « prospectives pessimistes » contre lesquels Alain Melot, le président de la FIA, s’inscrit en faux : « Ce genre d’évolution est inacceptable alors que l’on dispose d’un produit universel (la viande de volaille, ndlr) doté de nombreux atouts».

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Le marché intérieur, « relais de croissance »

« On baisse trop rapidement les bras sur le circuit export, regrette-t-il. Il y a encore d’autres marchés à prospecter ». Mais avant tout, « notre principal relais de croissance est notre marché national », martèle le dirigeant. Alain Melot veut faire de la crise de la grippe aviaire une « opportunité » pour relancer la filière de la volaille française, déjà mal en point en 2004. Son objectif : dépasser le niveau de consommation d’avant la crise. À grand renfort de communication et d’innovation. L’événement a en effet donné à la filière l’occasion d’adopter « une attitude cohérente et responsable » et surtout de mener une opération de communication d’une ampleur sans précédent – dans le cadre de l’Association de promotion de la volaille française – en direction du grand public.

En attendant la crise

L’ambition d’Alain Melot rejoint la première préoccupation des industriels : préparer la prochaine crise. « Le problème de l‘influenza peut très bien se représenter à l’automne », rappelle Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution, et également présent à l’AG de la FIA. Et là encore, le nerf de la guerre sera avant tout la communication. « Face à un nouveau cas de grippe aviaire sur le sol français, il faut éviter tout nouvel amalgame entre pandémie et épizootie dans l’esprit du consommateur», prévient Jacques Arrivé, président du groupe éponyme, qui estime par ailleurs que « les abattoirs ont été les seules vraies victimes de la grippe aviaire». Faire donc preuve de pédagogie auprès des Français, comme des pouvoirs publics. « Il faudra leur expliquer que le confinement général n’est pas une solution adéquate», selon le président du Synalaf, Eric Cachan. Des efforts qui devront passer par une interprofession, « indispensable» selon Christophe Malvezin, conseiller du ministre Dominique Bussereau. En situation de crise, la structure permettrait notamment de « mieux coordonner la réduction de l’offre » et de « mettre en place un système de traçabilité », estime le conseiller. Sans oublier la nécessité « d’un lobby pour appuyer les pouvoirs publics à Bruxelles», n’a-t-il pas manqué de souligner.