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Organisations professionnelles/Commerce extérieur Les industriels du vin demandent à l'UE de muscler ses négociations commerciales

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Le CEEV (Comité européen des entreprises de vin), porte-parole de l'industrie du vin européen, réclame une intervention « au plus haut niveau » de l’UE, pour régler le différend commercial avec la Chine qui, selon lui, fait de l'ombre à ses exportations vers ce marché asiatique très prometteur.

Le lobby européen représentant les entreprises du vin (CEEV) regrette qu'en dépit du lancement d'une myriade de négociations commerciales bilatérales, seule une poignée d'accords de libre échange ont été conclus et que les barrières protectionnistes se multiplient dans les principaux marchés mondiaux, « souvent pour des motifs politiques tout-à fait-injustifiés » (1). « Le potentiel de nos exportations vers nos marchés clés est compromis par des politiques protectionnistes qui doivent être abordées à travers des efforts politiques et diplomatiques plus vigoureux et des négociations commerciales plus ambitieuses, avec un accent sur ​​les questions et les marchés prioritaires », a déclaré Jean-Marie Barillère, président du CEEV. A quelques mois de la fin du mandat de l'actuelle Commission européenne, l'industrie du vin européen s'est réunie à Bruxelles pour faire le point sur ​​les réalisations de la politique commerciale de l'UE à ce jour et les défis à venir pour ce qu'elle appelle « le plus grand secteur d'exportation de produits agricoles » (2).
 
« Donner la priorité à l'accès au marché pour un secteur stratégique clé de l'UE »
En attendant, les exportateurs de vin de l'UE se disent contraints d'affronter en permanence une « prolifération de barrières protectionnistes unilatérales » dans les principaux marchés d'exportation. Ceux-ci font souvent partie des plans de relance ou de pratiques de représailles injustifiées, avec des effets discriminatoires certains sur les vins européens. Résultat : les perspectives actuelles de la croissance des exportations de vins européens sont problématiques. D'autant plus que les défis s'accumulent. Non seulement des tarifs d'importation « prohibitifs » sont toujours en place en Inde et au Vietnam, mais les produits européens se heurtent également à un « traitement discriminatoire » au Canada et en Thaïlande ainsi qu'à des « obstacles bureaucratiques interminables » en Russie. Même les principaux marchés de l'UE, tels que les Etats-Unis ne parviennent pas à assurer une protection suffisante aux indications géographiques (IG) européennes. Last but not least, les produits de l'industrie du vin sont « pris en otage » par les tensions bilatérales entre l'UE et la Chine, avec le lancement en juin 2013 d'une enquête antidumping par Pékin sur le vin importé d’Union Européenne, au lendemain de la décision de la Commission européenne d’instaurer des taxes provisoires sur les panneaux photovoltaïques chinois. Le CEEV avait espéré que la Chine mette fin à cette enquête, qu'il qualifie de « mesures injustifiée de rétorsion », après l’accord conclu fin juillet entre Pékin et l’UE sur le différend portant sur les panneaux photovoltaïques. Malheureusement pour les entreprises européennes, l’enquête chinoise se poursuit et les craintes de se voir de plus en plus concurrencées en Chine par les vins américains se précisent. « L'instrumentalisation du secteur du vin dans les différends commerciaux, comme c'est le cas actuellement avec la Chine, est particulièrement regrettable à un moment de crise économique mondiale. Notre secteur a besoin de l'appui déterminé de la Commission européenne et des États membres au niveau politique le plus élevé », a souligné le dirigeant du champagne français.
 
(1)(2) Le président français du CEEV regrette que parmi les 15 marchés prioritaires qui sont pertinents pour les exportations de vin de l'UE, celle-ci n' a réussi à conclure que seulement quatre accords : Corée du Sud (en vigueur depuis le 1er juillet 2011), Singapour (fin décembre 2012) et Colombie et Pérou en 2012-2013, toutes les autres négociations étant toujours en cours.) Revendiquant des exportations annuelles s'élevant à quelque 8,9 milliards d'euros, l'industrie du vin de l'UE affirme contribuer à un excédent de la balance commerciale de l'UE d'environ 6,4 milliards d'euros (chiffres de l'année 2012).

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