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Boissons/UE Les industriels européens unis contre l’augmentation du prix des alcools au Royaume-Uni

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La campagne lancée au Royaume-Uni sous le thème « Pourquoi faire payer plus les consommateurs responsables de vin et d’alcool » vient de recevoir l’appui de SpiritsEurope, le lobby de l’industrie européenne des spiritueux pour s’opposer au projet du gouvernement britannique d’imposer un prix minimum de 0,45 Livre anglaise (0,56 euro) par unité d’alcool pour lutter notamment contre l’alcoolisme chez les jeunes. Pour SpiritsEurope, il n’y aurait tout simplement « aucun lien entre l’augmentation des prix de l’alcool et la réduction des méfaits de l’alcool ». Pire : imposer un prix minimum pour les alcools au Royaume-Uni constituerait pour le lobby « une discrimination entre entreprises sur le marché communautaire ».

SpiritsEurope a donc fait siennes les préoccupations exprimées par le lobby britannique UK Wine and Spirit Trade Association (WSTA) (1) quant au projet du gouvernement de David Cameron d’augmenter les prix des alcools par le biais d’un « prix minimum » afin de lutter contre les ravages des consommations excessives d’alcool, notamment dans le rang des jeunes. Pour Paul Skehan, le directeur général de SpiritsEurope, il n’y aurait pas de corrélation claire entre l’augmentation des prix de l’alcool et la réduction des dommages des consommations d’alcool. Celui-ci estime que « non seulement le projet du gouvernement britannique risque d’être inefficace mais également – comme l’ont souligné d’autres Etats membres et la Commission européenne –, il érigerait des obstacles illégaux aux échanges commerciaux et introduirait des discriminations entre les entreprises sur le marché européen ». Ce plan du gouvernement toucherait, selon lui, « en premier lieu les personnes vulnérables, c’est-à-dire les plus pauvres ». Sur le plan externe, le projet des autorités britanniques pourrait même « créer un précédent dangereux pour les pays tiers qui seraient tentés de bloquer l’entrée sur leurs marchés des produits européens ». Ce qui, avertit le lobby des spiritueux européens, « aurait un impact très négatif sur l’industrie européenne des boissons qui représente les plus importantes exportations agroalimentaires de l’Union ».

désaccord des associations de défense de la santé...

Selon les conclusions d’une étude, citée et commandée par UK Wine and Spirit Trade Association à la société britannique de sondage d’opinion ComRes pour le compte de la campagne « Pourquoi faire payer plus les consommateurs responsables de vin et d’alcool »(2), le public britannique « ne pense pas qu’une hausse des prix des boissons alcoolisées aurait des effets efficaces sur la consommation dans le pays ». Si l’on en croit les chiffres cités dans cette étude 62 % des sondés estiment que les plans du gouvernement britannique visant à augmenter le prix de l’alcool « ne réduirait pas les comportements anti-sociaux liés à l’alcool », 19 % d’entre eux « ne soutiendraient pas l’idée de fixer un prix minimum pour les alcools », 47 % seraient « très fâchés de payer à la place des consommateurs irresponsables tandis que 87 % considèrent que les « beuveries se poursuivraient indépendamment de l’augmentation des prix des alcools ». L’Organisation mondiale de la santé et les association de défense de la santé européennes, comme par exemple l’Alliance européenne de santé publique, considèrent quant à elles que le prix minimum est « une des mesures les plus efficaces pour agir sur les niveaux de consommation des alcools et leurs effets néfastes sur la santé » car, selon elles, « quand les prix des alcools baissent, la consommation augmente ». Ces associations espèrent que d’autres gouvernements de l’UE seront encouragés par ce mouvement vers un prix minimum imposé aux ventes d’alcool qui, si il est suivi dans le reste de l’Europe, « permettrait de sauver de nombreuses vies humaines ».

(1) « UK Wine and Spirit Trade Association » est le lobby de l'industrie du vin et des spiritueux au Royaume et revendique représenter « plus de 340 entreprises qui produisent, importent, transportent et vendent du vin et des spiritueux ». 

(2) Enquête en ligne menée du 23 au 25 janvier 2013 auprès de 2035 personnes adultes britanniques.

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