Après la publication d’un nouveau règlement de sauvegarde de la Commission européenne, les industriels français du saumon fumé réagissent par la voix du STF. En effet, les mesures prises restreignent les importations de saumon norvégien, principale source de matières premières des fumeurs français, en induisant une inflation de 10 à 15 % et en instituant un contingent tarifaire. Ces mesures de sauvegarde interviennent deux ans après la fin des procédures d’anti-dumping mis en place 1997 sous la pression des éleveurs écossais, et constituent un retour en arrière pour les industriels français et européens, victimes de l’ « effet ciseau ».
« Trop c’est trop ! » C’est par ces mots que les industriels français du saumon fumé réagissent, par la voix du syndicat Saumon et truite fumés (STF), après la publication d’un nouveau règlement de sauvegarde restreignant les importations de saumon d’élevage norvégien. À l’origine de cette mesure de sauvegarde, « un petit groupe d’éleveurs de saumon écossais, nostalgiques de l’époque où le saumon était un produit de luxe, rare et cher », explique ainsi Pierre Commère, secrétaire général du STF. Pour rappel, des procédures d’anti-dumping, dont les producteurs écossais étaient déjà à l’origine, étaient en vigueur depuis 1997 concernant les importations de saumons d’élevage norvégiens notamment. Au grand bonheur des fumeurs français, pour qui le saumon d’élevage norvégien constitue la principale source de matières premières, le régime de 1997 avait pris fin en mai 2003.
Une inflation de 10 à 15 % pour le saumon norvégien
Depuis, la libération des échanges avait conduit à une diminution des prix du saumon en provenance de la Norvège, qui en 2003 a représenté 62 % des 43 200 tonnes de saumon utilisées par les fumeurs de France. Mais en 2004, « les producteurs écossais ont à nouveau fait des pieds et des mains auprès de la Commission européenne pour faire adopter des mesures de sauvegarde », explique Pierre Commère. Ils ont aujourd’hui obtenu gain de cause. Et, imposant un prix minimum à l’importation en provenance de Norvège, avec à la clé une inflation de 10 à 15 %, les mesures prises ramènent donc les fumeurs français et européens à la case départ. Le prix minimum pour le poisson éviscéré est fixé à 3 euros le kg. Pis, à partir du 16 avril 2005, le règlement prévoit une nouvelle augmentation de 5,6 %. En outre, un contingent tarifaire est institué, avec une surtaxe de 0,3 euro par kg en cas de dépassement, correspondant à 90 % des tonnages importés en 2004, ce qui par conséquent ne serait pas suffisant pour assurer les besoins de l’industrie.
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Des hausses répercutées sur le prix de vente
La Norvège et le Chili – également touchés par le règlement dans ses exportations de poissons surgelés à destination de l’Europe – ont prévu de faire appel auprès de l’OMC. En attendant, les industriels vont devoir « faire avec » cette nouvelle hausse de leurs approvisionnements, très dommageable dans un contexte de baisse de prix et de recherche de réduction des coûts. Rien de surprenant après ça à ce que les industriels optent pour des solutions alternatives, comme des partenariats avec des producteurs polonais à l’instar de Meralliance, pour rationaliser leur offre. « Pris en ciseaux entre les coûts de production en forte inflation (poisson, énergie, transport, charges sociales) et la baisse des prix de vente liée aux accords (…) sur la baisse des prix, et au développement du marché de premier prix et hard discount, la profession réagit fortement », conclut ainsi le STF dans son communiqué.
Dénonçant une hausse globale des coûts de matières premières de 15 à 20 % par rapport à 2004, les fabricants annoncent ainsi qu’ils vont être obligés de répercuter ces hausses sur leurs prix de vente. Sans pour autant renoncer à faire appel de ces mesures devant le Conseil des ministres de l’Union européenne.