Une enquête menée par un groupe de journalistes d’investigation européens - le Bureau of investigative journalism (BIJ), le quotidien britannique The Guardian, et le média d’investigation français Disclose - et publiée le 3 juillet, dénonce les investissements massifs, à hauteur de 2,3 Mrds € depuis dix ans, dans les filières industrielles de viande ou de produits laitiers par la Banque Mondiale et la Banque Européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Si une partie de ces investissements a été réalisée dans des pays où la consommation de viande par habitant est très faible, comme l’Éthiopie, d’autres ont ciblé des pays où elle est déjà forte, à l’image de l’Ukraine, de la Chine ou de la Roumanie, souligne l’enquête pour qui le developpement de filières d’élevage industrielles est en contradiction avec les engagements de lutte contre le changement climatique de ces institutions financières. Ce travail d’investigation révèle que la filière laitière a obtenu plus de 890 Mio € pour le développement de fermes industrielles et d’outils de transformation de produits laitiers, la filière de la volaille 445 Mio €, et celle du porc autant. Parmi les bénéficiaires, le groupe laitier français Lactalis a obtenu en 2016 un prêt de 15 Mio € de la Berd pour financer sa filiale Foodmaster au Kazakhstan. La Berd a répondu que les financements liés à ce secteur ne représentent que 1 % de ses investissements commerciaux insistant sur le fait que la viande et le lait demeurent indispensables à l’équilibre alimentaire, surtout dans les pays en développement.
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