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Les Maîtres laitiers du Cotentin misent sur la montée en gamme et le grand export

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Les résultats de l’exercice arrêté le 31 mars 2020 sont en progression en chiffre d’affaires et en rentabilité. Mais l’impact de la crise sanitaire depuis le printemps se fera sans doute sentir sur l’exercice en cours. Les orientations stratégiques en faveur de la segmentation laitière et du grand export sont d’actualité, comme la croissance externe.

Le 8 septembre, les Maîtres laitiers du Cotentin ont soumis au vote des sociétaires les comptes du groupe arrêtés au 31 mars 2020. Les indicateurs communiqués attestent d’une activité en progression, à la fois pour les ventes (1,981 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 1,4 % par rapport au dernier exercice) et pour la rentabilité : le résultat net part du groupe s’établit à 9,815 millions d’euros, en progression de 2,249 millions d’euros par rapport à l’exercice précédent.

Pour expliquer cette performance, la coopérative met en avant « une amélioration de la collecte laitière sur l’exercice de plus de 20 millions de litres de lait à 459 millions de litres de lait et une progression du prix de lait TQC/TPC (toutes qualités et primes comprises) à 374,85 euros (les 1 000 litres), en hausse de 12,51 euros (les 1 000 litres) par rapport au dernier exercice. » Son modèle de collecteur, transformateur et distributeur à travers sa filiale de distribution de produits laitiers à la restauration France Frais est présenté comme une bonne formule pour répartir les risques. Surtout dans la période actuelle.

Exercice « sans nul doute difficile »

L’assemblée générale a offert l’occasion d’évoquer le contexte depuis le mois de mars. « La période de mars à mai a été marquée par un coup d’arrêt de nos activités en restauration chez France Frais, avec un recul du chiffre d’affaires de près de 40 %. Certaines filiales plus touchées que d’autres disposent d’un suivi et d’un accompagnement dédiés sur le plan des ressources humaines et de la finance », a détaillé le directeur général Guillaume Fortin.

« Depuis l’été, les indicateurs se redressent, signe d’une reprise, certes inégale selon les bassins de consommation, et notamment deux régions françaises, l’Ile-de-France et le Sud-Est pour lesquelles nous sommes très vigilants », a-t-il poursuivi. Pour remédier à cette crise inattendue, les Maîtres laitiers du Cotentin prévoient d’activer plusieurs leviers stratégiques. Le grand export est un premier axe.

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Méautis redémarre

Après un démarrage raté du site de Méautis sur lequel la coopérative avait lourdement investi pour honorer un contrat avec le chinois Synutra, elle a finalement signé deux nouveaux contrats : « Le premier portant sur du lait blanc en format litre et 20 cl et le deuxième sur du lait infantile en format 20 cl. La somme de ces contrats doit générer en année pleine 180 containers par mois, soit un équivalent de 80 millions de litres de lait. Le démarrage de ces activités interviendra au cours de l’exercice 2020-2021 et se prolongera sur l’exercice suivant », détaille la coopérative. D’ici deux ans, les volumes seront similaires à ceux négociés initialement avec Synutra. La coopérative a tout de même investi 7 millions d’euros au cours du dernier exercice pour modifier les équipements permettant d’emballer les produits.

Autre levier mis en place depuis avril : la segmentation des produits autour du lait de pâturage non-OGM, du lait conventionnel bas carbone, du lait AOP et du lait bio. Les éleveurs s’y mettent peu à peu : la moitié d’entre eux répondent au cahier des charges pour le lait de pâturage et le lait bas carbone. Une centaine d’exploitations produit du lait AOP et une dizaine produit du lait biologique.

« La croissance externe est toujours d’actualité », souligne Jacques Klimczak, directeur marketing des Maîtres laitiers du Cotentin. « Nous regardons toujours des dossiers, mais sans qu’aucune opération ne soit enclenchée », explique-t-il. Ces dernières années, la coopérative a acquis deux entreprises par l’intermédiaire de la holding Evoling : la fromagerie Réaux (camembert) en 2016 et le fabricant de yaourts toulousain Yéo Frais en 2017.

« Depuis l’été, les indicateurs se redressent, signe d’une reprise »