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Elections aux chambres Les minoritaires lancent leur campagne

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Les 19 et 20 novembre, la Confédération paysanne et la Coordination rurale ont tour à tour lancé leur campagne en vue des élections aux chambres de janvier 2013. La Coordination rurale s’est fixé un objectif clair : conquérir 15 chambres départementales. La Confédération paysanne, quant à elle, ne chiffre pas ses ambitions, mais tient à défendre un « projet d’avenir » qui assure le revenu des agriculteurs et l’installation des jeunes.

La Coordination rurale n’a jamais été « été aussi prête » à affronter les élections aux chambres d’agriculture, a lancé Bernard Lannes, président du syndicat, lors du lancement officiel de la campagne le 20 novembre. Confiante, la CR compte « prendre une quinzaine de chambres ». Ceci lui permettra de « créer un contre-pouvoir au sein de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) », pense Bernard Lannes. La Coordination rurale veut en outre « prouver que l’on peut garder des chambres de proximité liées au territoire », indique-t-il. Pour le syndicat, la régionalisation des chambres est en effet une « une grosse perte pour les agriculteurs ». Sur le plan national, l’ambition de la Coordination rurale est de « faire passer la FNSEA en dessous des 50 % ». Pour y parvenir, le syndicat présentera, pour la première fois, des listes sur « l’ensemble du territoire, y compris dans les Dom » et prévoit un budget de campagne plus important que lors des précédents scrutins. La Coordination rurale tient d’ailleurs à rappeler qu’en 2007, elle s’était présentée aux élections « sans aucun moyen financier », ce qui ne l’a pas empêché de devenir le « deuxième syndicat agricole de France ». Outre des listes plus nombreuses, un réseau enfin mature et un budget plus conséquent, la Coordination rurale espère que sa gestion de la crise laitière de 2009 l’aidera à renverser les votes dans de nombreux départements. « Notre position a été mieux comprise que celle de ceux qui niaient le problème », croit François Lucas, vice-président de la Coordination rurale. « C’est en termes de voix lors des élections aux chambres que ça se manifestera », assure-t-il. La CR s’appuiera également sur l’expérience qu’elle a engrangée dans la gestion des chambres du Calvados et du Lot-et-Garonne conquises en 2007. « Elles étaient en mauvaise posture financière. Nous les avons redressées et nous avons créé des antennes locales », rappelle Bernard Lannes.

Un « projet d’avenir » pour le revenu des paysans

Du côté de la Confédération paysanne, c’est davantage leur « projet d’avenir » que la gestion des chambres qui est mis en avant. « Les écarts de revenus entre les régions se creusent, l’objectif de la Confédération paysanne est de réduire ces inégalités », a par exemple souligné Philippe Collin, porte-parole du syndicat, lors d’une conférence le 19 novembre. Le syndicat milite en effet pour une redistribution des aides Pac vers les secteurs en difficulté (élevage, fruits et légumes…) et un soutien national aux productions de qualité. L’autre objectif du syndicat, c’est « d’installer des paysans. Or, seule la moitié d’entre eux rentre dans le cadre du dispositif d’aide », regrette Philippe Collin. L’accès au foncier, notamment, est un sujet sur lequel la Confédération paysanne veut faire bouger les lignes : « Les missions de la Safer doivent être redéfinies », propose par exemple le programme de la confédération. Concernant les chambres d’agriculture, le syndicat déplore qu’elles « soient de moins en moins utiles pour les paysans ». En effet, selon le porte-parole de la Confédération paysanne, « elles sont actuellement bridées par l’Etat qui a sanctuarisé une participation hétérogène entre les départements ». Une politique qui a entraîné la disparition de nombreux services au sein de ces structures, comme en témoigne Marie-Noëlle Orain, secrétaire générale de la Confédération paysanne : « Il n’est plus admissible qu’un certain nombre de services techniques ou juridiques ne soient plus assurés par les chambres ». Aux élections de 2007, la Confédération paysanne n’avait réuni que 19,6% des suffrages, contre 26,8% en 2001. Mais les « perspectives moroses » du monde agricole en 2012 donnent plus de poids aux messages du syndicat, assure son porte-parole.

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