Abonné

OMC Les négociations dépendantes des échéances américaines

- - 5 min

Des plaidoyers pour une relance du cycle de pourparlers de Doha ont été lancés lors d’une réunion organisée par les pays émergents du G-20, lors du sommet UE-Asie ou encore lors d’une rencontre informelle des ministres des finances de l’UE. Aucune date n’est cependant fixée, et, selon Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, de nouveaux – et brefs – échanges de vues devraient se tenir « entre novembre et mars », calendrier correspondant à des échéances internes aux Etats-Unis, à savoir les élections législatives et la révision ou la prolongation de la loi agricole (Farm Bill). À cela s’ajoute une hypothèque également américaine : le renouvellement ou non, par le Congrès, de l’autorité donnée au président pour négocier des accords commerciaux, qui vient à échéance en juillet 2007.

Le directeur général de l’OMC participait à une réunion organisée les 9 et 10 septembre à Rio de Janeiro par les membres du G-20 et élargie à l’UE, aux Etats-Unis, au Japon et à des pays en développement du G-33.

Le G-20 a publié à l’issue de cette rencontre une déclaration soulignant notamment que « l’agriculture reste au centre du programme de développement de Doha ». M. Lamy a lui aussi précisé que, avant de reprendre utilement les négociations, il faudrait travailler sur les subventions agricoles, ainsi que sur l’ouverture des marchés.

« Sans la réduction des subventions (agricoles) aux Etats-Unis, il n’y aura pas d’accord à l’OMC», a averti de son côté le ministre brésilien des relations extérieures, Celso Amorim.

Quant au commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, il a affirmé, dans un entretien publié le 10 septembre par le quotidien O Estado de Sao Paulo, qu’un échec du cycle de Doha serait « proche d’une attitude criminelle et profondément irresponsable ».

« Reprendre dès que possible »

À l’issue d’un sommet tenu les 10 et 11 septembre à Helsinki, les chefs d’État et de gouvernement de 38 pays d’Asie et d’Europe ont appelé les pays membres de l’OMC à « faire preuve de la volonté politique et de la flexibilité nécessaires pour permettre aux négociations (de Doha) de reprendre dès que les circonstances le permettront ».

« Nous devons reprendre le cycle dès que possible », a insisté le président de la Commission de Bruxelles, José Manuel Barroso, qui participait aux travaux. « Les autres accords commerciaux entre régions et pays doivent être complémentaires du système commercial multilatéral », a-t-il estimé.

De même, le ministre finlandais des finances, Eero Heinaluoma, qui présidait une rencontre informelle avec ses homologues de l’UE les 8 et 9 septembre également à Helsinki, a déclaré que « les négociations de l’OMC devaient reprendre dès que possible ».

Réticences chinoises

Selon un communiqué de ses services, le ministre chinois de l’agriculture, Du Qinglin, a estimé, lors d’un entretien le 6 septembre à Pékin avec Pascal Lamy, que son pays « ne pourrait pas supporter une ouverture excessive et à trop court terme » de son marché et que « les négociations de Doha ne peuvent pas ne pas considérer ce facteur ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

élections
Suivi
Suivre
Farm bill
Suivi
Suivre

La Chine estime avoir déjà rempli les engagements pris lors de son adhésion à l’OMC en 2001. Selon elle, la réduction à grande échelle de ses barrières douanières a déjà permis une croissance des importations agricoles de 29,4 % par an en moyenne, tandis que, parallèlement, les subventions aux producteurs ont été supprimées. « Les prix locaux ont été tirés à la baisse par les importations. Les petits foyers ruraux affrontent une grosse pression concurrentielle », a souligné le ministre.

Depuis 2001, la Chine a effectivement fortement réduit ses tarifs douaniers qui sont maintenant de l’ordre de 15 % en moyenne, alors qu’ils culminaient parfois à plus de 60 % il y a cinq ans. Les taxes sur les vins et spiritueux étaient ainsi de quelque 65 %.

Accord UE/Vietnam sur l’adhésion à l’OMC

Le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, a déclaré le 7 septembre à Bruxelles, après une réunion avec le ministre vietnamien du commerce, Truong Dinh Tuyen, que les deux parties étaient parvenues à un accord complet sur les conditions de l’adhésion du Vietnam à l’OMC.

Ce pays réformera entre autres son système de droits d’accises sur les spiritueux afin de supprimer la taxation discriminatoire qui frappe certains de ces produits.

Russie/Etats-Unis : tentative d’accord d’ici fin octobre

Une délégation russe doit se rendre dans la semaine du 25 septembre à Washington pour tenter de conclure d’ici fin octobre les négociations bilatérales sur l’adhésion de Moscou à l’OMC, a annoncé le 6 septembre le ministère russe du développement économique.

La veille, Moscou avait menacé de « suspendre le processus » d’adhésion, estimant, par la voix d’un haut conseiller du Kremlin, Igor Chovalov, que les négociations avec les Américains avaient atteint leur « point limite ». Les Etats-Unis réclament un assouplissement des règles sanitaires russes, pour leurs exportations de viande en particulier.

En août, la Russie avait lancé un ultimatum, menaçant de supprimer les conditions préférentielles dont bénéficient les négociants américains de viande si les pourparlers bilatéraux n’aboutissent pas d’ici fin octobre.