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Les néonicotinoïdes entre « alternatives » et vision « simpliste »

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Des ONG et organisations agricole, apicole, sous la houlette de la Fondation Nicolas Hulot, ont défendu l’existence d’alternatives aux néonicotinoïdes le 3 mai, au début de l’examen en deuxième lecture du projet de loi biodiversité au Sénat. Une vision qualifiée de « simpliste » par l’AGPB.

L’AGPB (producteurs de blé) a dénoncé le 3 mai la vision « simpliste » des partisans de l’interdiction des néonicotinoïdes. « Les solutions alternatives vantées par les partisans de l’interdiction des néonicotinoïdes sont théoriques, d’après un communiqué. Leur mise en œuvre peut être empêchée, par les conditions climatiques notamment. Leur efficacité dépend elle aussi des conditions climatiques, ainsi que de la nature et de l’intensité des attaques des ravageurs à combattre. Enfin, elles conduisent souvent à substituer des traitements répétés par pulvérisation à un traitement préventif unique par enrobage des semences. » Nier les baisses de rendements induites en blé et orge relève, selon l’AGPB, de l’« ignorance » ou de la « tromperie ». Pour le syndicat, l’interdiction des néonicotinoïdes « fera régresser les performances de nos exploitations céréalières, pénalisera les industries dont l’activité est liée aux niveaux des récoltes et donnera un mauvais signal aux pays dont l’approvisionnement en céréales dépend en bonne partie de la France, ceux d’outre-Méditerranée en particulier. Elle créera en outre une nouvelle distorsion de concurrence avec nos homologues européens ».

« Solutions de confort »

À l’invitation du sénateur Joël Labbé (EELV, Morbihan), des organisations écologistes ont organisé le 3 mai une conférence de presse sur les alternatives aux néonicotinoïdes. Elles ont appelé à « entériner l’interdiction de ces substances néfastes pour l’environnement et la santé », considérant que « des alternatives non chimiques existent », selon un communiqué diffusé dans l’enceinte du Sénat.

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Pour se passer de néonicotinoïdes, les agriculteurs peuvent ne pas anticiper les semis, utiliser des variétés tolérantes, surveiller les parcelles en utilisant à bon escient des pyréthrinoïdes, a listé Valentin Beauval, responsable de la commission grandes cultures à la Confédération paysanne. « Si les néonicotinoïdes se sont autant développés, c’est parce qu’ils sont des solutions de confort, a déclaré le syndicaliste. Au lieu d’aller voir les attaques de pucerons dans les champs, l’agriculteur choisit le traitement de semence pour être tranquille. » Et de critiquer l’« agrandissement énorme » des exploitations depuis vingt à trente ans, qui complique le travail de surveillance des parcelles. À l’attention du ministre de l’Agriculture, critiqué pour avoir envoyé le 11 mars aux parlementaires une lettre afin de les convaincre d’éviter « l’interdiction brutale » de cette famille d’insecticides, Valentin Beauval a jugé que « les néonicotinoïdes sont favorables à une agriculture contraire aux options de l’agroécologie et d’Ecophyto ».

« Il y a pléthore d’alternatives techniques », a renchéri l’arboriculteur Emmanuel Aze, du même syndicat, tout en admettant l’existence de surcoûts dans les solutions chimiques, filets anti-insectes ou autres produits de biocontrôle. « Loin d’être une impasse, l’interdiction des néonicotinoïdes est une opportunité pour les agriculteurs de mettre en place des méthodes agroécologiques », d’après le communiqué.

L’interdiction des néonicotinoïdes fera régresser les performances des exploitations céréalières, selon l’AGPB