La jeune société bordelaise Les Nouvelles fermes vient de lever 2 millions d’euros pour créer son premier prototype de ferme aquaponique, qui sera l’une des plus grandes d’Europe. Les légumes sont commercialisés dans les grandes surfaces de la métropole, tandis que les truites sont transformées en rillettes ou fumées.
Les Nouvelles fermes franchissent une nouvelle étape dans la mise au point de leur modèle de fermes aquaponiques : la jeune société bordelaise vient de lever 2 millions d’euros début avril, dont 1,3 million en capital auprès d’Irdi Capital Investissement et de business angels. 700 000 euros ont été levés sous forme de dette auprès du Crédit Agricole et du CIC. « Cette levée de fonds va nous permettre de mener à bien la construction de notre prototype nommé Odette, et qui va s’étendre sur 5 000 m2 en périphérie Ouest de Bordeaux », explique Thomas Boisserie, cofondateur et président des Nouvelles fermes, qui avait déjà levé des fonds pour son lancement en 2019, à hauteur de 150 000 euros en capital, en dette et en subventions. Le coût estimé de ce nouvel équipement est de 1,2 million d’euros, et 800 000 euros seront consacrés à la recherche et développement. La capacité annuelle du site sera de 100 tonnes, dont 15 tonnes de poisson. Les premières récoltes et productions de poisson sont prévues pour le 1er trimestre 2022.
« Nous avons consacré deux ans à la phase d’expérimentation avec un premier site de 1 000 m2, nommé Pauline, qui doit réaliser un chiffre d’affaires de 150 000 euros en 2021, où nous produisons 2 tonnes de truites arc-en-ciel, et 20 tonnes de légumes feuilles, tomates, concombres, navets, etc. », détaille Thomas Boisserie. Le principe de l’aquaponie consiste à produire en circuit fermé un élevage de truites, dont l’eau est utilisée pour nourrir les végétaux, sur un modèle limitant la consommation d’énergie puisque les serres, bien que fonctionnant toute l’année, ne sont ni chauffées, ni climatisées. Les végétaux poussent sans chimie de synthèse, ni produits phytosanitaires. Le nouvel équipement de 5 000 m2 doit permettre de reprendre une partie des innovations testées sur le premier site et surtout de produire à bien plus grande échelle.
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Production et consommation locales
Les débouchés des produits sont pour l’essentiel des enseignes de la grande distribution situées dans un rayon de 10 km autour du site de production. Cela est vrai surtout pour les végétaux, tandis que pour les truites, elles sont travaillées chez un façonnier à La Rochelle (Charente-Maritime) où elles sont transformées en rillettes et filets fumés, puis diffusées dans la région bordelaise. À terme, l’idéal est de localiser au plus proche la transformation du poisson. Le choix de la transformation a été fait en raison de la trop grande complexité d’un approvisionnement régulier des magasins en poisson frais. Qu’il s’agisse du poisson ou des légumes, ils portent la marque Les Nouvelles fermes, avec l’indication du lieu précis de production.
À plus long terme, les Nouvelles fermes prévoient de multiplier les sites de production dans d’autres villes de France, jusqu’à 100 sites dans les dix prochaines années. Après Pauline et Odette, les Nouvelles fermes prévoient l’ouverture de trois à cinq fermes par an à partir de 2022 ou 2023. Un des principaux enjeux est la rentabilité du modèle de production aquaponique tel que développé par les Nouvelles fermes. La société prévoit son premier exercice bénéficiaire en 2025.