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Réforme de la Pac Les ONG du groupe Pac 2013 plaident pour un « verdissement intelligent »

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Le groupe Pac 2013, qui regroupe près d’une vingtaine d’ONG dont WWF, FNCivam, la Fondation Nicolas Hulot, la Confédération paysanne, les Amis de la terre... plaide pour un « verdissement intelligent » de la future Pac. Il s’agit de construire un « nouveau contrat social » rendu possible par un « rééquilibrage » de cette politique. Rendre la Pac plus « vertueuse » est le seul moyen de la sauver, selon les ONG.

«La Pac actuelle est injuste et asociale ! », a lancé Bernard Cressens de WWF France, le 3 février, lors de la sortie du guide de la politique agricole commune réalisé par les organisations du groupe Pac 2013, dont il fait partie. Dans ce guide pédagogique et illustré d’une centaine de pages, les fondamentaux de la Pac sont décryptés, l’impact des réformes évalué et les nouveaux enjeux de la Pac après 2013 identifiés. Le leitmotiv défendu par le groupe Pac 2013 est de rendre cette politique agricole de l’Union européenne « parfaitement légitime ». On en est très loin, estiment ces organisations.
« Il faut un virage », souligne Bernard Cressens. « Aujourd’hui, les systèmes agricoles intéressants ne se trouvent pas chez ceux qui prennent 80 % des soutiens », ajoute-t-il. Ce chiffre de 20 % des agriculteurs qui reçoivent la plus grande part des soutiens – environ 80 % – a été confirmé récemment, souligne Marc Dufumier, de la Fondation Nicolas Hulot. Cette distribution inéquitable des aides directes est aussi palpable entre systèmes de production. Depuis 1992, les grandes cultures et les « gros bovins » furent les secteurs les plus primés, rappellent les ONG. A l’inverse, certains secteurs comme les fruits et légumes, la viticulture et les vaches laitières à l’herbe furent très peu soutenus. Dans ce contexte, à l’annonce par Nicolas Sarkozy d’une réouverture du bilan de santé de la Pac de 2008 pour soutenir les productions les plus fragiles, les ONG répondent « qu’il ne faut pas se l’interdire » à la condition de résister à la « démagogie clientéliste » pré-électorale !

Pas de « green washing »

Légitimer la Pac passe par un « double verdissement », explique Bernard Cressens de WWF. Déjà, il s’agit d’appliquer le principe « pollueur-payeur » avec les BCAE (bonnes conditions agricoles et environnementales), considérées comme « une base saine de travail », et d’y ajouter « une composante écologie » visant à reconnaître les services rendus par l’agriculture, en termes de biodiversité notamment. Le groupe Pac 2013 est conscient que « ce virage ne se fera pas du jour au lendemain ». « Nous avons besoin d’innovation et de recherche » pour permettre aux agriculteurs de « revisiter les système de production ». Il ne faut pas simplement faire de « green washing », ajoute Marc Dufumier qui plaide pour que l’Europe retrouve son indépendance protéique. « On veut relocaliser les productions, pas renationaliser la Pac », avance Bernard Cressens. Si le gouvernement français ne défend pas cette nouvelle Pac verte fondée sur un modèle d’agriculture durable, les ONG ne soutiendront pas cette réforme, prévient le groupe Pac 2013.

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