Plusieurs centaines d’opposants ont manifesté le samedi 11 septembre contre le projet de cession du domaine d’AgroParisTech à Grignon au promoteur Altarea Cogedim.
Entre 400 à 500 élus, étudiants ou défenseurs de l’environnement, selon différentes sources de presse, ont manifesté à Thiverval-Grignon (Yvelines) contre le choix du projet de cession du domaine d’AgroParisTech à Grignon au promoteur Altarea Cogedim. Fin juillet 2021, la Direction de l’immobilier de l’État, avait annoncé retenir l’offre d’Altarea parmi trois projets. Altaréa propose de racheter le domaine pour 18 M€, quand le projet Grignon 2026, porté par d'anciens élèves, propose 13 M€. « Nous proposons 5 M€ de moins, mais avec 700 emplois sur le site », commente Mathieu Baron, ancien élève de l’Agro et délégué général du projet Grignon 2026. À côté du projet Grignon 2026 et de celui d’Altaréa, figure aussi un projet de l’école d’agriculture UniLaSalle. La DGER (enseignement et recherche) du ministère de l’Agriculture aurait estimé qu’installer l’école UniLaSalle dans ce lieu chargé d’histoire effacerait la marque de l’Agro.
Un lieu hautement symbolique de l’agronomie
Un des volets du projet retenu consiste à construire quarante logements neufs. Un projet initial d’Altarea, au printemps 2020, portait sur cinq cent-dix logements, mais a été révisé face aux résistances des communes environnantes, précise Mathieu Baron. « Pourquoi construire des habitations précisément dans ce lieu symbolique ? », s’exclame-t-il. Berceau de l’agronomie française depuis deux siècles, le domaine de Grignon accueille l’école d’ingénieurs agronomes AgroParisTech et des chercheurs. Mais l’école doit déménager pour rejoindre le pôle scientifique Paris-Saclay en 2022.
Le 10 septembre, AgroParisTech a affirmé dans un communiqué que « l’héritage agronomique de Grignon est précieux pour accompagner l’agriculture dans son adaptation au changement climatique » et qu’AgroParisTech « entend y jouer un rôle majeur, en partenariat avec Inrae et l’Université Paris-Saclay ». « Notre position est très claire : nous n’avons pas à négocier avec Altaréa pour amender son projet. Le problème n’est pas Altaréa, c’est le choix de l’État de vendre un bois », affirme Mathieu Baron. Or, ce bois relevant du domaine public, il est inaliénable, selon lui : « Il faudrait une loi pour que l’État puisse le vendre. »
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Grignon 2026 est soutenu par des anciens élèves et par la communauté de communes Cœur d’Yvelines (trente et une communes). « Nous avons aussi comme soutiens nationaux Gérard Larcher, président du Sénat, Sophie Primas, présidente de la commission des finances du Sénat, Yannick Jadot, député européen EELV, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et présidente de Génération écologie », rappelle Mathieu Baron. Le domaine de Grignon comprend 24 ha de parcelles bâties, dont un château du XVIIe siècle et ses dépendances, 130 ha de terres agricoles, dont une ferme expérimentale, et plus de 133 ha de bois.