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Porc & volaille Les organisations agricoles demandent à Bruxelles de réagir sur plusieurs fronts

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Les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) viennent de demander à la Commission européenne de prendre une série de mesures pour soutenir les secteurs du porc et de la volaille, y compris pour éviter que les opérateurs de la chaîne alimentaire « n’abusent de leur pouvoir » au détriment des éleveurs.

Dans une lettre adressée au vice-président de la Commission européenne chargé de la concurrence, Joaquin Almunia, le Copa-Cogeca souligne que les récentes augmentations des coûts de production de la viande de porc, de la volaille et des œufs, liées à une hausse de quelque 30 % des prix des aliments pour animaux, « ne sont pas reflétées par le prix au consommateur final ». Actuellement, celui-ci est en baisse, « révélant la faiblesse de la position des éleveurs dans la chaîne alimentaire », estiment les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE.
Ces dernières demandent donc à la Commission « d’agir afin de prévenir et punir les opérateurs dominants de la chaîne alimentaire qui abusent de leur pouvoir sur le marché à un moment où les prix de la viande diminuent et les coûts de production augmentent ».

Mesures de marché et pouvoir de négociation

Les secteurs du porc et de la volaille sont confrontés à « un marché qui est déconnecté de plus en plus de ses fondamentaux et guidé par la spéculation et quelques acteurs puissants de la chaîne alimentaire », déplore le Copa-Cogeca dans une autre lettre, adressée au commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos.
Face à la récente augmentation des prix des céréales, les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE demandent, « à la lumière de la décision d’écouler de l’orge d’intervention » (1), que « la Commission active ses outils de gestion marché » pour « empêcher que les prix de la viande porc ne se retrouvent dans une situation critique ». Les producteurs de porc « pâtissent d’une faible rentabilité, résultat du déclin des prix de la viande payés par les détaillants », souligne également le Copa-Cogeca. « Nous croyons que les discussions engagées par le Groupe à haut niveau sur le lait à propos du pouvoir de négociation des agriculteurs dans la chaîne alimentaire devraient être élargies pour couvrir la totalité du secteur de l’élevage », écrit-il, demandant à la Commission « de poursuivre plus avant sa réflexion sur la possibilité d’étendre le rôle des organisations de producteurs dans la Pac après 2013 ».

La menace des accords commerciaux avec les pays tiers

Enfin, dans leur lettre au commissaire à l’agriculture, les organisations agricoles avertissent qu’« un éventuel accord avec le Mercosur exercerait une pression à la baisse considérable sur les prix de tous les types de viande » (2).
Selon elles, « il accroîtrait la concurrence entre viandes blanche et rouge au détriment du secteur du porc et encouragerait les consommateurs européens à acheter de la viande importée produite selon des normes considérées comme inacceptables dans l’UE » (utilisation de promoteurs de croissance, contrôles limités des antibiotiques).
Le Copa-Cogeca demande à M. Ciolos son « soutien afin d’empêcher que toute nouvelle législation pour le bien-être animal et l’environnement soit mise en œuvre sans une analyse préalable solide de sa faisabilité économique ».
Il demande aussi à la Commission « d’éviter d’ouvrir des négociations sur des productions spécifiques avec des pays tiers qui ne respectent pas les mêmes normes de santé et bien-être des animaux que celles en vigueur dans l’UE » (3).

(1) Voir même numéro
(2) et (3) Voir n° 3273 du 01/11/10

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