Les situations d’urgence se multiplient un peu partout dans les pays en développement en raison des pénuries engendrées par la hausse des prix alimentaires. Si la prochaine récolte mondiale de riz s’annonce prometteuse, à court terme l’approvisionnement devrait être très insuffisant pour faire face à la demande.
Selon le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, le Programme alimentaire mondial des Nations unies doit disposer d'au moins 488 millions d'euros en denrées alimentaires supplémentaires pour répondre aux défis immédiats. Il estime que les prix des produits agricoles alimentaires resteront élevés jusqu'en 2015, en raison d'une augmentation de la demande des pays en voie de développement. La Banque mondiale a appelé l'Ukraine à supprimer ses quotas d'exportation pour les céréales. Le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko avait annoncé pour le 30 avril la levée de toutes les restrictions sur les exportations de céréales, mais son gouvernement avait repoussé cette levée au 1 er juillet. Les volumes des quotas ont cependant été sensiblement augmentés. Ils passent de 200 000 à 1,2 million de tonnes sur le blé et de 400 000 à 900 000 tonnes sur l'orge.
De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) a demandé le 6 mai aux gouvernements de réduire le contrôle qu'ils exercent sur les exportations pour permettre un meilleur approvisionnement en céréales des pays fragilisés par la flambée des prix alimentaires.
Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a encouragé le 8 mai les dirigeants mondiaux à s'investir pleinement dans la lutte contre la crise alimentaire mondiale. « Combattre la crise alimentaire mondiale nécessite un leadership international et une coordination au plus haut niveau », a-t-il estimé. Un « cadre global d'action » comprenant une série de plans à court et long terme pour faire face à la flambée des prix alimentaires dans le monde sera présenté à Rome lors de la conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire prévue du 3 au 5 juin.
L'économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire de l'Onu, a critiqué l'Occident qui, en grande partie, cantonne son soutien au financement et à l'acheminement d'aide alimentaire. Selon lui, 10 milliards de dollars permettraient de doubler la production agricole de l'Afrique en peu de temps.
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Hausse attendue de la production mondiale de riz en 2008
Selon les prévisions de la FAO, la production de riz en Asie, Afrique et Amérique latine atteindra un nouveau niveau record en 2008 à 666 millions de tonnes (+ 2,3 %) mais les prix resteraient élevés à court terme, la majeure partie de la production devant être récoltée vers la fin de l’année.
Pour la première fois, la production de riz paddy en Asie pourrait dépasser en 2008 le point de référence de 600 millions de tonnes pour atteindre 605 millions de tonnes. En Afrique, si les pluies sont au rendez-vous au cours des prochains mois, la production de riz devrait s’accroître de 3,6 % pour atteindre 23,2 millions de tonnes en 2008, d’importantes augmentations étant anticipées en Côte d’Ivoire, en Egypte, au Ghana, en Guinée, au Mali et au Nigéria.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, la production de riz paddy devrait rebondir de 7,4 % pour atteindre 26,2 millions de tonnes en 2008. Mais les perspectives de production sont négatives pour l’Australie, les Etats-Unis et l’Europe.
Les prix du riz ont enregistré une augmentation d’environ 76 % entre décembre 2007 et avril 2008. Les cours internationaux devraient se maintenir à des niveaux relativement élevés, les stocks détenus par les exportateurs devant considérablement baisser. « Les cours devraient rester très fermes, au moins jusqu’au troisième trimestre 2008, sauf en cas d’allègement des restrictions sur les exportations au cours des prochains mois », indique une experte de la FAO. A l’heure actuelle, la Thaïlande, le Pakistan et les Etats-Unis sont, parmi les principaux exportateurs, les seuls à continuer d’exporter sans restrictions. Les restrictions à l’exportation influenceront le commerce du riz qui devrait atteindre 28,8 millions de tonnes en 2008, soit environ 7 % ou 2,2 millions de tonnes de moins que le niveau record de 2007.