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Antibiorésistance Les pouvoirs publics mobilisés pour lutter contre l’antibiorésistance

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Le colloque « Évaluer la consommation d’antibiotiques à usage vétérinaire et la réduire », organisé par le ministère de l’Agriculture, le 14 novembre, a été l’occasion d’annoncer la stratégie du gouvernement dans le domaine de l’antibiorésistance.

«Avec Pierre Moscovisci, ministre de l’Économie et du Budget, on va engager une réflexion sur une évaluation de la fiscalité dans ce domaine (celui des médicaments vétérinaires)», a déclaré Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, lors du discours d’ouverture d’un colloque organisé par le ministère, le 14 novembre, dans le cadre de la journée européenne de sensibilisation à l’usage des antibiotiques. Ainsi, la recherche et l’innovation en termes d’antibiorésistance sont en première ligne. « La lutte contre l’antibiorésistance doit être financée », ajoute-t-il. En effet, dans un bilan publié le 9 novembre, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a enregistré 2 836 cas d’effets indésirables chez les animaux liés aux médicaments vétérinaires, dont 43 % ont été jugés comme étant des effets indésirables dits graves. Dans le cadre du Projet de loi de finances 2013, Stéphane Le Foll rappelle qu’il y a « deux millions d’euros supplémentaires » pour la recherche et l’innovation dont font partie les travaux des experts sur les antibiotiques. Sur le cadre juridique, le ministre insiste également : « Les antibiotiques doivent avoir un statut juridique particulier sur lequel on travaille dans le cadre de la révision de la directive relative au médicament vétérinaire ».

Déjà des progrès en filière porcine

Anne Hemonic, vétérinaire à l’Institut technique du porc (Ifip), a rappelé que dans le cadre du plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire, la France a pour objectif de réduire d’ici cinq ans de 25% l’utilisation d’antibiotiques. Les professionnels des filières de production animales ont déjà commencé le travail. L’Anses note ainsi une diminution de 3,7 % de l’exposition des animaux aux antibiotiques par rapport à 2010. Elle s’élève à 8,6 % pour les porcs, 6,9 % pour les lapins, 4 % pour les volailles, 3,6 % pour les bovins et 1,5 % pour les carnivores domestiques. Des résultats confirmés en filière porcine l’année suivante. « Entre 2011 et 2012, la filière porcine a réduit l’utilisation d’antibiotiques de 9% », a indiqué Stéphane Le Foll. L’exposition des porcs aux antibiotiques dits d’importance critique a d’ailleurs diminué de 51,8 % entre 2010 et 2011 grâce à un moratoire de 2010 limitant ces traitements. Par ailleurs, une mission a d’ores et déjà été confiée au Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAER). Ainsi, sur la question de l’antibiorésistance, Stéphane Le Foll devrait être en mesure de faire des propositions au printemps 2013 pour la loi d’avenir qui doit être validée en automne 2013. « Je souhaite que toutes les hypothèses soient ouvertes », a insisté le ministre. Enfin, il y a des projets en cours ou à accompagner. « La modernisation des bâtiments peut être un moyen de prévention passive », explique le ministre de l’Agriculture. L’objectif est d’aménager ou de construire des bâtiments « plus isolés, plus isolants ». Ces aménagements permettront, entre autres, de mieux gérer la santé sanitaire des cheptels.

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