Abonné

Ministère de l’Agriculture Les préfets du sud de la France mieux armés pour autoriser la chaptalisation

- - 4 min

Le ministre de l'Agriculture, qui a rencontré les professionnels de la viticulture le 26 juin, a annoncé des mesures à court et moyen terme sur l'enrichissement des vins, allant dans le sens de l'équité entre régions. La mesure la plus tangible permettra dès la prochaine vendange aux préfets d'être mieux armés pour autoriser la chaptalisation dans les bassins viticoles du sud.

Stéphane Le Foll a annoncé plusieurs mesures prises ou à prendre, en faveur de l'équité entre régions sur l'enrichissement des vins. La plus proche de la mise en œuvre est celle qui donnera dès la prochaine vendange aux préfets des arguments, pour autoriser la chaptalisation dans les bassins viticoles du sud. La chaptalisation est une méthode d'enrichissement des vins par adjonction de sucre pour en élever le degré d'alcool. Elle est interdite au sud, sauf dérogation du préfet.

Des arguments techniques et climatiques pour les préfets

Une circulaire à paraître prochainement « permettra le renforcement de la coordination interrégionale des services instructeurs mais aussi l'harmonisation des éléments de décision à disposition des préfets de région pour toute demande d'autorisation d'enrichissement ou demande d'autorisation exceptionnelle d'enrichissement par sucrage à sec », a précisé un communiqué du ministère de l'Agriculture le 26 juin à l'issue d'une rencontre entre le ministre et les représentants de la filière viticole. « Les autorisations de chaptaliser devront s'appuyer sur une analyse étayée, au cas par cas, dans les différentes régions, et suivre un principe d'équité entre les vignobles », précise le communiqué.

Cette circulaire, qui émane des ministères de l'Agriculture et de l'Économie, donnera aux préfets les moyens de mettre en avant « toutes données, notamment techniques, qu'ils jugeront pertinentes » pour accorder ces dérogations et justifier la chaptalisation. Des arguments comme par exemple le fait que la chaptalisation n'augmente pas les rendements, critère important à respecter dans les AOC. Ou des arguments climatiques qui justifient la chaptalisation. Cette dernière pourrait être autorisée par dénomination, autrement dit par zone à l'échelle des AOC ou des IGP, si les arguments sont fondés, d'après les professionnels.

Bruxelles ne veut pas d'une aide nationale aux moûts

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Une autre mesure à court terme évoquée par le ministre est la possibilité pour les entreprises viticoles en difficulté économique de recevoir une aide nationale. Mais cette aide, dont la forme n'est pas encore connue, ne pourra en aucun cas remplacer à l'identique l'aide à l'enrichissement avec les moûts concentrés rectifiés (MCR). La marge est étroite : Bruxelles s'oppose au rétablissement de cette aide, qui jusqu'en 2012 compensait le surcoût des MCR par rapport au sucre. Le coût de l'enrichissement par les MCR est deux à trois plus élevé que l'enrichissement par le saccharose. L'enrichissement par les MCR est pratiqué historiquement dans certains bassins du sud, Languedoc-Roussillon, mais pas dans le Bordelais, où la chaptalisation est pratiquée depuis plus d'un siècle.

Négociation pour une aide communautaire aux moûts

Une mesure à moyen terme, à l'horizon de la vendange 2015, est la demande d'un système d'aide à l'enrichissement par les MCR, mais cette fois sur le plan communautaire. Stéphane Le Foll a indiqué qu'il mise sur la prochaine présidence italienne de l'UE pour porter ce dossier, et qu'il rencontrera prochainement son homologue italien.

Le ministre de l'Agriculture a salué le plan stratégique élaboré par la filière et présenté le 20 juin par Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer, et a demandé à la profession un calendrier pour préparer la mise en œuvre des 80 mesures du plan.