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Les premières assises des ministres de l’Agriculture francophones

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Les premières assises des ministres de l’Agriculture francophones ont eu lieu le 2 mars à Paris autour d’Hervé Gaymard, en marge du Salon de l’agriculture, et dans la perspective du sommet des chefs d’État de la francophonie qui se tiendra en novembre prochain à Ouagadougou (Burkina Faso).

 

Lors de la conférence interministérielle de l’OMC à Cancun en septembre dernier, « nous avions décidé, entre ministres francophones de l’Agriculture, de nous revoir une fois par an pour parler d’agriculture, de commerce et de développement », a expliqué Hervé Gaymard à l’issue de la réunion du 2 mars. Ce genre de rencontres annuelles doit « permettre de renforcer le dialogue entre pays francophones sur la conception et la conduite des politiques agricoles au Nord comme au Sud », précise le ministère de l’Agriculture français.

Le débat a été « franc et direct, sans langue de bois », a-t-il commenté à l’issue de cette réunion. Des filières ont été passées en revue : le sucre, le coton et la banane.

Les préférences commerciales spécifiques ont été érodées par l’OMC

Les discussions ont porté aussi sur les préférences commerciales spécifiques, domaine dans lequel l’Europe a été «pionnière» en 1975, en concluant les accords de Lomé avec les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Par ces accords, l’UE absorbe les deux-tiers des exportations agricoles des pays ACP, a-t-il rappelé. « Nous devons déplorer une érosion des préférences spécifiques du fait de l’OMC. Il faut que nous refondions ces relations », a déclaré Hervé Gaymard. Le sujet du sucre est particulièrement brûlant, le Brésil tentant de remettre en cause le système d’importations par l’UE aux pays ACP.

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Les intérêts des pays européens sont-ils contradictoires avec ceux des pays du Sud? « Je ne le pense pas », a-t-il répondu. Certaines dispositions européennes ont eu un « effet distorsif » sur les économies du Sud, mais depuis, les subventions agricoles communautaires aux exportations sont passées de 30% du budget agricole à 5% en dix ans. Et après Cancun, leur suppression complète est programmée. On notera deux points forts qui ressortent du programme des ministres francophones de l’Agriculture : travailler à l’élimination des subventions aux produits, « y compris les marketing-loans américains (par lesquels les pouvoirs publics américains peuvent racheter tout ce qu’offrent les farmers en cas de d’effondrement des cours) et la fausse aide alimentaire », d’une part; et prendre en main la stabilisation des prix mondiaux des denrées de base comme le sucre, le café, le cacao.

Le ministre a clairement montré les points d’entente possibles entre l’UE et les pays du Sud : le repli de 10 millions de tonnes des exportations européennes de produits laitiers ces dernières années n’a pas profité aux pays du Sud mais à la Nouvelle-Zélande; le repli de 5 millions de tonnes des exportations communautaires de céréales n’a pas profit au Togo ni au Bénin, mais au Canada et à l’Australie.

Étaient présents à ces assises, les ministres de l’Agriculture de l’île Maurice, de la Mauritanie, du Niger, de la République centrafricaine, de la Roumanie, du Sénégal, de la Suisse, du Tchad, de la Tunisie, de Sao Tome et Principe et de la République slovaque.