Pour les agriculteurs désireux – ou obligés – d’investir dans les équipements et mises au normes pour l’environnement, un problème majeur se pose : le financement. En particulier, les prêts bancaires sont rarement adaptés à ces investissements qui n’ont pas un but de rentabilité économique, qui sont liés à des subventions publiques et réclament une phase d’analyse du problème parfois longue et coûteuse. Quelques caisses de Crédit agricole, avec l’aide de la structure centrale Crédit agricole SA viennent de développer un produit spécifique.
La demande n’est pas explosive mais elle est réelle, explique-t-on notamment au Crédit agricole du Centre Est (Rhône, Ain, Saône-et-Loire), une des deux caisses, avec celle du Midi (Hérault, Aude), qui mettent en place ces prêts environnement. Leur objectif est de financer des investissements pour la mise aux normes des bâtiments mais aussi, dans ces régions du sud, le traitement des effluents viti-vinicoles.
Plusieurs phases
Le principe général consiste à négocier un prêt qui sera mis en œuvre de manière fractionnée, correspondant à chaque phase de l’investissement : une fraction du prêt sera destinée au financement des études et analyses, celui-ci pouvant durer six mois ; une autre part sera utilisée pour le financement à moyen ou long terme de l’investissement proprement dit. La première phase permet aussi de faire face à un préfinancement dans l’attente des subventions qui existent pour ce type d’opération. Si les taux d’intérêt sont ceux du marché, explique-t-on au Crédit agricole, le coût global se voit réduit du fait que seule la partie nécessaire à chaque phase est mobilisée et donc fait l’objet d’un taux d’intérêt. Au Crédit agricole du Centre-Est, on explique également que ce produit peut aussi préfinancer les remboursements de TVA que l’agriculteur récupère lorsqu’il y est assujetti.
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« Pas l’euphorie »
Si ce type de prêt suscite l’intérêt des agriculteurs, le nombre jusqu’à présent distribué reste encore limité. « Ce n’est pas l’euphorie, » dit-on à la Caisse du Centre Est. D’une part, les deux populations auxquels il s’adresse, les éleveurs et les viticulteurs, connaissent des situations économiques qui ne les engagent pas encore à procéder à des investissements pro-environnement de manière massive. D’autre part, les instruments publics tels que les CTE, destinés à encourager ces efforts ont été largement remis en cause.
Il n’est pas rare, non plus, que les agriculteurs aient recours au crédit bail pour financer des investissements pour lesquels il n’est pas indispensable qu’ils soient proporiétaires, juridiquement, de l’installation. C’est le cas d’une éolienne, d’un outil de cogénération d’énergie ou encore d’une station d’épuration. Dans ce cas, l’outil est loué à l’agriculteur, l’organisme de Crédit Bail assumant l’instruction du dossier auprès des pouvoirs publics, en particulier pour percevoir les subventions et les déduire des loyers payés par l’agriculteur.