Intervenue mercredi 5 et jeudi 6 mai sur les marchés au cadran bretons, la remontée des cours du chou-fleur d’hiver - 43 centimes la tête contre 26 centimes en moyenne entre janvier et avril pour un coût de production estimé 40 centimes environ - ne signifie pas encore la fin de la crise.
Les militants des Jeunes agriculteurs et des FDSEA du Finistère, des Côtes-d’Armor et de l’Ille-et-Vilaine poursuivaient leurs actions, le 6 mai au soir sur les routes de leur département et sur la piste de l’aéroport de Quimper-Pluguffan (Finistère) dont le trafic avait été dévié.
Les producteurs réclament 8 millions d'euros
" Nous voulons des garanties montrant que nous obtiendrons bien ce que nous avons demandé : 8 millions d’euros pour soulager la trésorerie des producteurs et une solution pérenne pour l’avenir ", a expliqué Mickaël Prigent, responsable légumes des Jeunes agriculteurs du Finistère.
Les syndicalistes agricoles estiment que le ministère de l’Agriculture doit proposer un nouveau mécanisme de gestion des marchés financé par l’État. Bruxelles avait fait interdire en 2002 les plans de campagne, financements versés aux régions productrices pour gérer les marchés en surproduction.
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Selon Franck Vetel, responsable des choux-fleurs chez Prince de Bretagne, l’effondrement des cours résulte bien d’une surproduction, mais à l’échelle européenne. " Italiens et Espagnols ont vu que le marché du chou-fleur s’était bien tenu en 2002 et 2003 et ont augmenté les surfaces ", a-t-il expliqué.
Parallèlement, la consommation de choux-fleurs continue de baisser au profit, notamment, du brocolis espagnol. Dernier élément : la concurrence polonaise qui a réduit comme peau de chagrin le débouché de la surgélation cette année. Habituellement les Bretons y écoulent, bon an mal an, 15 à 20 % de leur récolte annuelle.