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Réforme viti-vinicole Les producteurs français de vins de pays rejettent les solutions de Bruxelles

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La Confédération française des vins de pays (CFVDP) porte à son tour un jugement très critique sur le projet de réforme de la Commission européenne. Dans une prise de position très étayée, les professionnels se demandent notamment pourquoi l’UE devrait supprimer le tiers de sa surface viti-vinicole, tandis que les pays tiers n’auraient aucune contrainte pour développer leurs vignobles et avoir pour débouchés le marché communautaire. Cette organisation, qui a le sentiment que la Commission œuvre pour l’abandon, à terme, d’une politique européenne du vin, lance plusieurs pistes de réflexion pour un retour à l’équilibre du secteur.

Les vins de pays, qui représentent plus du quart de la production française, avec une production moyenne annuelle de 15 millions d’hl, sont vivement opposés au projet de Bruxelles de donner la possibilité d’indiquer la mention du cépage sur les vins de table. Il n’est pas acceptable pour la CFVDP que la Commission propose de faire bénéficier ces deux types de produits des mêmes mentions valorisantes, créant ainsi entre eux une concurrence déloyale. Il s’en suivrait, poursuit cette organisation, la déstructuration et la disparition de la majeure partie des vins de pays de cépage, qui sont le segment de marché le mieux valorisé et le plus porteur.

La CFVDP porte les appréciations suivantes sur les principaux projets présentés par Bruxelles pour réformer l’OCM viti-vinicole :

libéralisation totale des plantations en 2013. Les conséquences de ce projet seraient un risque de surproduction majeure et une délocalisation effrénée du vignoble des coteaux vers les plaines, où les rendements sont plus élevés.

arrachage définitif de 400 000 hectares. Un tel projet qui enclencherait un processus de désertification de certaines régions n’est pas acceptable. L’UE a besoin d’un programme d’arrachage temporaire décentralisé d’une période de cinq à huit ans géré par les organisations professionnelles sous le contrôle des autorités nationales et communautaires. Une période qui devrait être mise à profit pour assainir le marché et réorienter la production.

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mesures de gestion des marchés. Les distillations « alcool de bouche » et « distillation de crise » doivent être maintenues avec des adaptations. Il en va de même du régime de stockage et du système des prestations viniques qui permet d’éliminer les sous-produits de la vinification de façon relativement écologique. La CFVDP suggère, de plus, la mise en place d’un mécanisme d’élimination obligatoire des stocks excédentaires pour toutes les catégories de vins ainsi que des outils de régulation visant à adapter la production aux différents marchés de consommation et, éventuellement, un régime de vendanges de raisins verts.

pratiques œnologiques. La CFVDP est favorable au maintien d’une liste positive et limitative de pratiques autorisées, qui soient différentes selon les catégories de vins. L’approbation des pratiques doit rester du ressort du Conseil des ministres. Après le récent accord très critiqué entre l’UE et les Etats-Unis sur les indications géographiques, Il est justifié de ne pas transférer cette compétence à la Commission, notent les professionnels.

régime à l’importation. La CFVDP juge inacceptable la proposition de supprimer l’interdiction de vinification des mous importés et l’interdiction des mélanges de vins communautaires et de vins de pays tiers. Cette proposition, estime-t-elle, ne ferait qu’aggraver la situation du marché dans son ensemble, surtout celui déjà en grave difficulté des vins de table.