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Biodiesel Les producteurs remettent en cause le changement indirect d’affectation des sols

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Pour le Bureau européen du biodiesel (EBB), l’impact du changement indirect d’affectation de sols (Iluc) sur les émissions de gaz à effet de serre des biocarburants ne peut pas être pris en compte dans les critères de durabilité. En effet, selon un rapport, présenté le 6 mai au Parlement européen, la mesure de l’Iluc n’est pas assez précise pour être prise en compte.

Le Bureau européen du biodiesel a présenté le 7 mai au Parlement européen, un rapport concluant que la prise en compte du changement indirect d’affectation des sols (Iluc) dans les critères de durabilité des biocarburants – comme le propose la Commission européenne – était incompatible avec les standards internationaux d’évaluation de l’empreinte carbone d’un produit. En attendant de pouvoir comptabiliser correctement les facteurs Iluc, Bruxelles propose notamment de plafonner à 5% le taux d’incorporation des biocarburants de première génération pour atteindre l’objectif de 10% d’énergies renouvelables dans les transports d’ici 2020. Mais les industriels, notamment dans le secteur du biodiesel, s’opposent vivement à cette disposition qui risquerait de mettre à mal les investissements déjà engagés.
« Si on tient compte de cet impact indirect il faut alors tenir compte de tous les autres effets indirects. C’est impossible », souligne l’auteur du rapport, Matthias Finkbeiner, directeur adjoint de l’Université de technologie environnementale à Berlin. « Il y a une variabilité énorme entre les facteurs Iluc selon les modes de production. Autant qu’entre l’empreinte carbone d’un petit pois et d’une vache », précise-t-il. Ce qui justifie, selon lui, que l’Iluc ne puisse pas être pris en compte dans le calcul du bilan carbone des biocarburants. L’Iluc repose sur des modèles théoriques et des prédictions de marché qui ne peuvent pas être vérifiés sur le terrain, de plus l’effet Iluc diminue au fil du temps, précise son rapport.

Gain de productivité

« Ce qui manque dans les études existantes sur l’Iluc, c’est la prise en compte des mesures de limitation de cet effet », confirme Andre Faaij, de l’Institut Copernic pour de développement durable d’Utrecht (Pays-Bas). Selon lui, la demande en biocarburant joue un rôle positif en incitant les investissements dans le secteur agricole et donc en augmentant la productivité. « C’est un élément majeur à prendre en compte », estime le chercheur.
La commission parlementaire de l’environnement devrait adopter une position sur ce dossier avant la pause estivale. Un premier débat s’est tenu le 6 mai sur le rapport de Corinne Lepage, rapporteur pour le Parlement. De son côté, le Conseil, très divisé sur cette question, doit publier en juin un rapport sur l’état d’avancement des discussions.

(1) Voir n° 3370 du 22/10/2012 et n° 3395 du 22/04/2013

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