Dans un communiqué du 9 mai, l’Uivec (transformateurs d’extraits de chanvre) signale que la DGAL (ministère de l’Agriculture) va interdire de facto tout produit alimentaire contenant du CBD à partir du 15 mai. Plus en détail, les autorités vont « cibler l’ensemble des denrées et compléments alimentaires, dès lors qu’ils contiennent du CBD, quelle que soit sa teneur, et la suppression de la possibilité de déclarer des compléments alimentaires au CBD ». Annoncée lors d’une réunion tenue le 15 avril avec la profession, la mesure relève d’une nouvelle interprétation française du règlement européen « Novel food ». Cette interprétation fait suite à une étude de l’Anses et de l’ANSM (agence du médicament) de juin 2025, alertant sur des intoxications liées à des produits contenant des cannabinoïdes de synthèse (produits en laboratoire). Alors « qu’aucune intoxication n’est imputée au CBD naturel seul, […] le gouvernement manque sa cible », pointe ainsi l’Uivec.
La profession, ainsi que la Confédération paysanne, s’insurge contre ce changement de paradigme, qui menace la filière française de production de chanvre. Elle rappelle l’importance du marché des produits alimentaires au CBD, représentant près de 200 M€/an de chiffre d’affaires. Près de deux pharmacies sur trois en commercialisent, soit environ 20 000 officines. Ajoutons à cela « 2 500 boutiques spécialisées (CBD Shops) », des enseignes de la grande distribution, de magasins bio ou indépendants. Enfin, l’Uivec souligne des distorsions de concurrence, sachant que « le Royaume-Uni autorise aujourd’hui plus de 12 000 produits alimentaires au CBD via une liste positive ». Hors Europe, « la Nouvelle-Zélande a ouvert la vente libre en pharmacie et les autorités du Canada ont conclu que le CBD en complément alimentaire est sûr et tolérable jusqu’à 200 mg par jour ».
Un chiffre d’affaires de 200 M€/an menacé
KC