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Viticulture Les produits phytosanitaires restent très utilisés sur les vignes

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En se basant sur l’année 2006 – beaucoup moins humide que les années 2007 et 2008 – Agreste primeur de septembre 2009 fait le point sur les traitements phytosanitaires appliqués sur les différents vignobles français. Ces traitements peuvent représenter jusqu’à 45% des charges d’approvisonnement des exploitations. Les fongicides sont les produits les plus appliqués. Autre observation : les viticulteurs sont trop exposés.

«Les exploitations professionnelles viticoles cumulent 14% des dépenses de produits phytosanitaires sur 4% de la superficie agricole en 2006, selon le Réseau d’information comptable agricole », rappelle Agreste en préambule de son étude soulignant que le viticulteur traite les vignes « pour les protéger des maladies, des parasites et de la concurrence d’autres plantes, qui risquent de mettre à mal les vendanges », « au risque de nuire à sa santé, et d’altérer la qualité des sols et des eaux ». Le poids économique des intrants, et surtout des produits phytosanitaires, est important. Ces derniers représentent un quart des charges d’approvisionnement des exploitations viticoles sous appellation et 45% pour les autres exploitations.
Apport d’azote va de pair avec apport de fongicides
Les fongicides sont les produits les plus largement utilisés, souvent en mélange, pour lutter surtout contre l’oïdium et le mildiou. Même les viticulteurs bio y ont recours (cuivre et soufre). Cependant les régions du Sud (Provence, Languedoc-Roussillon), favorisées par un climat plus sec, en utilisent moins. C’est également le cas de l’Alsace grâce à des mesures de prophylaxie telles que effeuillage, vendange en vert, épamprage systématique.
L’étude observe que les apports d’azote vont de pair avec les traitements fongicides. Ainsi les vignes champenoises sont celles qui recoivent la plus forte dose de fongicide (plus de traitements, dose totale plus élevée) et les plus forts apports d’azote. « Près de 80% du vignoble en reçoit, le plus souvent tous les ans, à la dose de 50 unités d’azote minérale à l’hectare » alors que l’INRA « fixe à 30 unités d’azote le seuil à partir duquel tous les types de ravageurs sont favorisés », selon Agreste. Autre exemple : en Charente, les apports d’azote sont de 40 unités à l’hectare, les rendements de 120 hl/ha et 15 doses homologuées de fongicides en moyenne sont appliquées. Les doses de fondigices sont toutefois les mêmes en Bourgogne et dans le Bordelais avec de plus faibles apports d’azote.
Les viticulteurs ne se protègent pas assez
Viennent ensuite les herbicides mais de manière moins systématique. Certaines régions comme l’Alsace et le Bordelais ont des vignes enherbées alors que la Champagne désherbe. Les Charentais laissent également pousser l’herbe entre les rangs pour stabiliser les sols.
L’utilisation des insecticides est moins fréquente et concernait 30% à 84% des superficies en 2006 selon les régions.
L’étude note encore que les viticulteurs sont « trop exposés », et qu’ils « n’ont pas assez conscience des dangers encourus en manipulant les produits phytosanitaires ». Si le port des gants et des lunettes est habituel pendant les préparations, les « bottes et vêtements imperméables ne sont utilisés qu’une fois sur deux ». D’autre part, « les délais à respecter dans les parcelles après traitements sont connus trois fois sur quatre », ajoute Agreste. Selon la MSA, les contaminations des vignerons sont d’abord cutanées puis respiratoires.

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