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Vin Les professionnels contestent le discours sur la faible consommation d’alcool

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Les professionnels de la filière vin contestent une brochure distribuée par l'Institut national du cancer (Inca) qui indique, sur la base d'une étude de 2007, que le risque de cancer augmenterait dès le premier verre de vin. Ils se sont fait entendre à l'issue d'une réunion du comité vin de Viniflhor à Montreuil le 18 février.

Le risque de cancer serait augmenté dès le premier verre de vin. Voilà ce que les professionnels de la filière vin ont contesté suite à une réunion du comité vin de Viniflhor à Montreuil le 18 février. Motif de la grogne : une brochure, publiée par l'Institut national du cancer (Inca) à destination des professionnels de la santé, qui fait état des connaissances sur l'impact de la nutrition sur les cancers. Le vin à petites doses y est montré du doigt, au même titre que les viandes rouges, la charcuterie et le sel. Selon l'étude, « la consommation de boissons alcoolisées est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx, larynx, œsophage, colon-rectum, sein et foie ». En France, la consommation d'alcool est la deuxième cause évitable de mort par cancer (10,8% des morts par cancer chez l'homme et 4,5% chez la femme), après le tabac. D'après Dominique Maraninchi, président de l'Inca, « les petites doses répétées sont les plus nocives ».

Le vin toujours mis en cause selon les syndicalistes

« De façon récurrente et systématique, c'est toujours le vin qui est en cause », souligne Jérôme Despey, vice-président de la FNSEA. « Ce qui est choquant c'est que cela sorte au moment où il y a des négociations sur la loi des hôpitaux, alors que l'étude date d'il y a un an et demi », déclare Xavier de Volontat, président de l'Association générale de la production viticole (AGPV). Dans un contexte où la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » est en discussion à l'Assemblée nationale, « cela nous paraît caricatural », commente Bruno Kessler, président de l'Association française des éleveurs, embouteilleurs et distributeurs de vin et spiritueux (Afed). « Il existe beaucoup d'autres études qui indiquent le contraire », souligne Jérôme Despey. « En 20 ans la consommation de vin a diminué de 50% et, dans le même temps, le nombre de cancers a augmenté de plus de 50% », rappelle Xavier de Volontat.

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La brochure indique que le cancer est une pathologie multifactorielle (alimentation, environnement, génétique) et qu'il n'y a pas à l'inverse, d'aliment miracle qui protégerait de cette maladie.