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Les professionnels du cognac expliquent leur appétit de plantations

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Alors que les projets d’extension du vignoble de cognac font grand bruit dans la profession viticole du fait de leur importance, les professionnels du cognac ont expliqué les raisons de leur appétit, lors d’une journée sur le terrain organisée par la Cnaoc (Confédération des AOC viticoles) le 16 novembre. Le vignoble charentais a besoin de nouveaux hectares pour satisfaire une demande mondiale soutenue.

« Nous ne pouvons pas nous priver d’assurer la croissance de nos entreprises. La croissance du potentiel viticole est absolument nécessaire », a déclaré Patrick Raguenaud, président du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), le 16 novembre à une délégation de la Cnaoc. Le bassin du cognac s’est fixé une limitation à 3 500 hectares de demandes de plantations, soit, à lui seul, près de la moitié du contingent français annuel de plantations nouvelles autorisé par Bruxelles. La France a le droit de planter quelque 8 000 hectares de vignes nouvelles chaque année, soit une croissance de 1 % de son vignoble (qui est d’environ 800 000 hectares).

« L’importance de nos demandes n’est pas sortie du chapeau »

Vu la forte demande mondiale de cognac, les viticulteurs du bassin demanderont probablement le maximum de cette limite, estiment les professionnels. Sous l’effet de la forte demande des États-Unis et de la Chine, la filière a connu une croissance de 8 % de ses ventes en trois ans, a ajouté Patrick Raguenaud. La nervosité de la demande a d’autant plus d’impact sur les volumes à vendre, et donc à produire, que le cognac est exporté à 98 %.

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Les professionnels de la filière du cognac sont conscients qu’ils devront faire preuve de pédagogie. « Si nous avons un tel niveau de demandes de plantations nouvelles, c’est parce que notre industrie le demande. Ce n’est pas sorti du chapeau. Nous ne sommes plus dans les années de post-crise financière du Japon (années 1990) », a commenté Alexandre Imbert, directeur de l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC cognac (UGVC). Le Japon est, avec les pays anglo-saxons, et maintenant la Chine, un importateur majeur de cognac.

Les demandes du vignoble de cognac vont-elles priver les autres vignobles ? Que se passerait-il si les autres vignobles faisaient les mêmes demandes ? « La réalité est que tous les autres vignobles ne font pas les mêmes demandes », constate-t-on à la Cnaoc.