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UE/Livre vert sur la qualité Les professionnels du porc souhaitent plus d’indications géographiques

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Quelle est la cohérence entre les propos introductifs du Livre vert sur la qualité des produits agroalimentaires disant que l’avenir de l’agriculture européenne passe par la qualité et la volonté d’en limiter l’accès ? C’est la question que se posent l’Union porcine Rhône-Alpes et l’Association des produits de porcs du sud-ouest sur les finalités qui poussent la Commission européenne à envisager dans son Livre vert sur la qualité des produits agricoles de restreindre les demandes d’indications géographiques. Bien au contraire, soutiennent les deux associations, plus les indications géographiques seront nombreuses, plus elles seront connues et reconnues.

Faut-il introduire des critères supplémentaires plus stricts pour restreindre les demandes d’enregistrement des IGP et renforcer le lien entre le produit et la zone géographique ? A cette question majeure que pose la Commission européenne dans son Livre vert sur la qualité des produits agroalimentaires, l’Union porcine Rhône-Alpes et l’Association des produits de porcs du Sud-ouest viennent d’apporter une réponse commune : pour elles, l’exercice devrait avoir pour but, en effet, de pouvoir introduire des critères supplémentaires afin de renforcer la cohérence géographique par des critères économiques ou sociaux, et ceci pour la dynamisation et l’aménagement du territoire. Mais il ne doit pas s’agir, bien au contraire, de restreindre les demandes d’enregistrement des IGP. Par ailleurs, les approches spécifiques de l’AOP d’un côté, et de l’IGP de l’autre doivent être maintenues pour éviter tout risque de confusion entre les deux démarches. Par delà, affirment les deux associations professionnelles, c’est toute la dimension « aménagement local » intimement liée aux valeurs du développement durable qu’il faut prendre en compte dans ces démarches pour « le maintien de territoires européens vivants et harmonieux ».

Des bassins de production pour répondre aux besoins des transformateurs

De plus, soulignent-elles, si l’on veut mobiliser ces signes de qualité comme des outils de développement durable, il est absolument nécessaire d’intégrer les dynamiques et contraintes locales de l’ensemble de la filière d’obtention du produit. A ce titre, il est indispensable d’affirmer une position forte sur l’approvisionnement des matières premières pour les IGP de produits transformés et notamment pour les salaisons. Certes, aujourd’hui, les contraintes liées à la production porcine rendent extrêmement difficile la possibilité de superposer la zone d’approvisionnement avec celle de transformation, reconnaissent les deux associations françaises. Mais elles plaident néanmoins pour la mise en place de bassins de production permettant de répondre aux besoins des transformateurs en matière première. Cette approche est à leur avis beaucoup plus cohérente pour les consommateurs car pour eux il semble « totalement inconcevable qu’un produit de qualité issu d’un territoire protégé soit fabriqué à partir d’une matière première ne provenant pas d’un bassin localisé ».

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Oui à l’indication de l’origine des produits

L’indication des ingrédients couverts par une IGP/AOP sur les produits transformés/aliments préparés a-t-elle entraîné des difficultés dans son application ? A cette question du Livre vert, les professionnels français de la filière porc répondent par la négative et estiment qu’afin d’assurer une plus grande transparence vis-à-vis des consommateurs, il est indispensable d’avoir « une indication claire quant aux ingrédients qui sont utilisés pour des produits transformés ». La référence aux mentions IGP/AOP pour un ingrédient, soulignent-elles, ne doit être possible « que si cet ingrédient est le seul de sa catégorie ».

Quant à la question de savoir quels sont les avantages et les inconvénients de l’indication de l’origine des matières premières dans les cas où celles-ci proviennent d’une autre zone que celle de l’IGP, les deux associations estiment qu’il est tout à fait important d’indiquer l’origine. Il faudrait aussi, selon elles, se mettre d’accord sur le terme « origine » ; savoir notamment si on détermine l’origine des matières premières à l’échelle du pays, ou à l’échelle de la région. La notion de « bassin de production » est donc à retenir dans l’importance de la notion d’origine des matières premières afin de ne pas troubler le consommateur dans son approche.