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Viticulture Les professionnels du vin attendent un geste fort à Copenhague

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Les professionnels du vin – viticulteurs, œnologues, sommeliers et chefs cuisiniers – appellent le gouvernement, aux côtés de Greenpeace, dans une tribune publiée par Le Monde du 12 août, à un « accord fort pour le climat » à Copenhague en décembre. En effet, selon les scientifiques, la viticulture est déjà menacée en France, pays du vin par excellence, par le réchauffement climatique.

Les signataires de la tribune basent cette affirmation sur les rapports des scientifiques réunis en colloque à Dijon en 2007 par la chaire Unesco « vin et culture » sur le thème « Réchauffement du climat, quels impacts probables sur les vignobles ? » qui ont réalisé des expertises sur l’évolution historique et contemporaine de vignobles, conduites aux échelles fines de régions, sous-régions ou même de parcelles et ont pris en compte les résultats récents du GIEC (réchauffement entre +1,5 et + et +5°C pour la fin du siècle).
Les scientifiques observent déjà que « dans les vignobles septentrionaux français (Bourgogne, Champagne, Alsace), le rendement en raisin s’accroît, la maturation se fait mieux (plus de chaleur en été) et la qualité des millésimes s’améliore. Mais il y a déjà quelques inquiétudes sur la possible baisse de typicité, sur le déficit en acidité et sur le vieillissement prématuré des vins, les blancs surtout ». « Par ailleurs, on observe que l’augmentation des températures et de la teneur en CO2 ont un impact sensible sur la diversité microbienne et sur le développement des moisissures de la vigne. De même le réchauffement du climat pourrait expliquer la remontée progressive de certaines de ses maladies (ex : la flavescence dorée) en même temps que celle de leurs insectes vecteurs ».
 
Les vignobles en climat méditerranéen sont les plus menacés
A l’avenir, les scientifiques estiment que « les vignobles les plus menacés à l’échelle globale sont ceux des régions en climat méditerranéen : autour de la Méditerranée pour l’ancien monde, en Californie, en Afrique du Sud et en Australie pour le nouveau monde ». Trois raisons à ce pronostic : excès de chaleur ; excès de sécheresse, malgré l’irrigation, compte tenu de la réduction des « entrées » pluvieuses ; érosion des sols.
« Des mutations importantes devraient intervenir dans les vignobles septentrionaux existants avec, au mieux, de nécessaires évolutions dans les modes de conduite culturale et les techniques œnologiques ; au pire, des choix de nouveaux cépages à réaliser (par ex, problème du pinot noir) ».
D’autre part, « la bande géographique favorable à la culture de la vigne [qui] s’est déplacée depuis 1950 entre 80 et 250 km en direction des pôles, pourrait, dans l’hypothèse haute du réchauffement climatique (+4 à +5°C en 2100), migrer de 500 km supplémentaires vers le nord. Dans l’hémisphère nord, les vignes devraient (re) gagner la Suède (qu’elles atteignaient avant le « Petit Age Glaciaire ») ; dans l’hémisphère sud, elles pourraient atteindre la limite des terres australes face au plein océan », selon les experts.

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