Les organisations professionnelles du vin vont adresser un courrier à leurs députés membres de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, en prévision des prochaines discussions sur le projet de loi de santé publique (PLSP), a-t-on appris auprès de la filière viticole le 5 mars. Elles s'opposent au flou sur la publicité, tel qu'il se profile dans les propositions, et notamment les carences concernant l'œnotourisme.
Les organisations professionnelles viticoles à l'échelon local s'apprêtent à adresser un courrier à leurs députés membres de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, en prévision des prochaines discussions sur le PLSP, qui débuteront en commission le 17 mars. Dans ce courrier, elles font part de leur opposition au durcissement du message sanitaire, tel qu'il se profile dans les propositions et amendements de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA). La mention « l'abus d'alcool est dangereux pour la santé » serait remplacée par la mention « l'alcool est dangereux pour la santé ».
Publicité : l'œnotourisme n'est pas dans la liste des dérogations
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« La publicité sur Internet comme sur les autres supports autorisés est déjà encadrée », rappelle la lettre aux députés concernés. Les organisations dénoncent le flou sur la définition de la publicité : « L'absence de définition de la publicité conduit à considérer toute information sur le vin comme de la publicité ». En outre, la liste des dérogations prévues à l'interdiction de faire de la publicité « ne prend pas en compte l'œnotourisme », note le courrier. De ce fait, il serait donc interdit à l'avenir de faire de la publicité sur les sites consacrés à l'œnotourisme, conclut le texte. Les organisations soutiennent en revanche les propositions qui pourraient être faites visant à définir la publicité et à clarifier les frontières entre « ce qui relève de la publicité d'une part, et ce qui relève de l'information journalistique, du divertissement, de la création artistique et culturelle d'autre part ».
Les Français sont en phase avec la réglementation sur la consommation de vin, mais attendent de l'État qu'il les aide à se responsabiliser. C'est ce qui ressort d'une étude diffusée le 2 mars et conduite par le cabinet Francoscopie, dirigé par Gérard Mermet, sur le thème « Société, pouvoirs publics et vin », pour l'association de la filière viticole Vin & Société. « Bien que globalement en phase avec la réglementation existante, les Français estiment à 65% que les pouvoirs publics ne sont pas efficaces dans leur action contre les risques liés à la consommation excessive de vin ». Cette forte proportion « montre le souhait croissant que l'on incite chaque citoyen à se prendre en charge ». Plus largement, pour réduire les risques dans la société actuelle, 71% des Français estiment qu'il faut « faire davantage confiance aux citoyens, les informer et les responsabiliser ». L'étude précise que les Français placent au premier rang les risques économiques (chômage, endettement, déficits… 98%), devant les risques sociaux (inégalités, communautarisme, affrontements… 93%) et terroristes (attentats, prises d'otages, cybercriminalité… 75%) et sanitaires (tabac, alcool, épidémies… 60%).