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Vin Les professionnels voudraient distiller 600 000 hectolitres

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Les professionnels ont demandé le 26 mai, lors du conseil de direction spécialisé « vin » de FranceAgriMer, d’étudier la question d’une distillation de crise pour libérer le marché de 600 000 hectolitres de vins présentant des défauts de qualité. Une étude va être menée rapidement pour une décision avant fin juin.

La récolte 2008, selon le volume définitif donné le 26 mai, s’élève à 42 millions d’hectolitres. C’est la plus petite vendange depuis 15 ans. Pourtant, sur ce volume, les professionnels envisagent d’en distiller 600 000 hectolitres (au maximum).

« Environ 600 000 hl au niveau français ont des éléments qualitatifs qui posent un problème de commercialisation », a expliqué Jérôme Despey, réélu président du conseil spécialisé vin.

La question de distiller ou non ces volumes a été posée formellement par les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées lors du Conseil de direction et doit être étudiée d’ici le prochain conseil de juin.

« Il s’agit d’étudier quels sont les volumes qui pourraient peser sur le marché, les modalités de la distillation et ses conséquences », a poursuivi Jérôme Despey

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Le financement de cette distillation ne peut se faire que sur l’enveloppe de l’OCM vitivinicole allouée par Bruxelles à la France. La profession a déjà décidé en début d’année de l’utilisation de cette enveloppe pour la campagne en cours, soit 172 millions d’euros. Cependant, elle peut encore changer certaines lignes budgétaires avant fin juin. C’est dans ce délai que la décision devra être prise.

Plus de 80 M€ déjà versés

A priori, le conseil s’est montré plutôt favorable le 26 mai au maintien des orientations prises. Cependant, la totalité des 172 millions devra être payée au plus tard le 15 octobre et les professionnels craignent que cela soit difficilement réalisable en raison du retard pris dans la parution des textes relatifs aux mesures de l’OCM. En ce cas, plutôt que perdre les fonds européens, ils préfèreraient financer une distillation.

Lors du conseil de direction, un point a été fait sur l’utilisation de l’enveloppe de l’OCM pour la campagne 2008/2009 : 81 millions d’euros ont déjà été versés à ce jour dont 20 millions pour les prestations viniques ; 10,8 millions pour les moûts concentrés ; 37,2 millions pour la restructuration et 13 millions pour la promotion. Il reste encore dans les caisses, à payer avant le 15 octobre, 15 millions d’euros pour les prestations viniques, 5,8 millions pour les moûts concentrés, 2 millions pour l’assurance récolte, 35 millions pour la restructuration du vignoble, 15 millions pour la promotion et entre 15 et 20 millions en faveur des investissements des entreprises. Selon FranceAgriMer, « le rythme de consommation de l’enveloppe est correct ». La discussion reste donc ouverte.