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Les propositions du Caf sur la lutte contre le mal-être des agriculteurs

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Alors que le gouvernement doit dévoiler à la rentrée son plan d’action contre le suicide en agriculture, le Conseil de l’agriculture française a présenté ses priorités le 30 juin. Il propose notamment de créer une aide transitoire pour faciliter la reprise d’exploitation, de développer le mentorat et de rendre plus visible le travail effectué par les cellules départementales d’accompagnement.

Le Conseil de l’agriculture française (Caf, regroupant la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, l’APCA et la MSA) a présenté le 30 juin, en conférence de presse, ses initiatives et propositions pour lutter contre le mal-être et les suicides d’agriculteurs. Le président de l’APCA Sébastien Windsor a tout d’abord annoncé que les cellules départementales d’identification et d’accompagnement des agriculteurs en difficulté – majoritairement portées par les chambres d’agriculture – adopteront « un mode de fonctionnement un peu plus unifié » et qu’elles seront rebaptisées sous un seul et même nom : « Réagir, solidarité & accompagnement ». Et ce afin « d’amplifier l’action des chambres d’agriculture et de la rendre plus visible pour les agriculteurs, pour qu’ils aient le réflexe de venir chercher cet accompagnement, d’appeler à l’aide, même si leur niveau de difficulté est grave », a étayé Sébastien Windsor. Le réseau de ces cellules et de leurs référents départementaux est désormais disponible sous forme de cartographie sur le site internet Agri’collectif (créé par l’APCA et la FNSEA en 2014).

Aide au « passage de relais »

Parmi les propositions que le Caf transmettra au gouvernement, en vue du plan d’action interministériel qui sera dévoilé à la rentrée, l’instance souhaite créer une « aide transitoire » de 12 000 € par an (1 000 € par mois) pour inciter les agriculteurs en grande difficulté économique, sociale ou de santé, à partir en retraite de manière progressive tout en cédant leur exploitation à un jeune bénéficiaire de la DJA. Cette aide au « passage de relais » serait ouverte aux agriculteurs âgés de 57 à 62 ans et s’accompagnerait d’une prise en charge des cotisations sociales maladie et retraite de l’exploitant et des membres de sa famille qui participent aux travaux sur l’exploitation. L’objectif serait d’accompagner « dix dossiers par département et par an ».

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De plus, le Caf souhaite développer le tutorat et le mentorat qui existent à l’heure actuelle de manière éparse sur le territoire. Cette réflexion s’inscrit dans la réforme de l’accompagnement à l’installation et à la transmission en agriculture (Aita) qui aboutira le 1er janvier 2023, a précisé l’élu national de Jeunes Agriculteurs Julien Rouger.

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Par ailleurs, le Caf souhaite sensibiliser les sentinelles pour qu’elles acquièrent « les bons gestes et les bons réflexes » et former les mandataires judiciaires aux spécificités agricoles. Il veut aussi renforcer l’aide au répit, et espère le feu vert du gouvernement pour doter le service Agri’écoute de la MSA d’un numéro d’appel simplifié à trois chiffres.

« Un mode de fonctionnement un peu plus unifié »

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