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4ème rencontre annuelle protéagineux Les protéagineux cherchent leur second souffle

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Les surfaces de protéagineux ont fortement chuté dans les années 90. La réforme de la Pac et le développement de maladies ont fait baisser les surfaces de 40%. Pour se relancer, la filière compte sur les pois d'hiver pour convaincre les agriculteurs cultivant sur sols peu profonds. Dans les terres à haut potentiel, la relance des protéagineux dépendra du succès des futures variétés de féveroles "double zéro".

La filière des protéagineux compte sur les pois d'hiver et les nouvelles variétés de féveroles pour se relancer. La quatrième rencontre annuelle des protéagineux, qui a eu lieu le 22 janvier à Paris, a permis de faire le point sur l’état de la filière. Entre 1993 et 2000, les surfaces ont chuté de 40% et le nombre de producteurs a baissé de 32%. Seulement 25% des céréaliers en cultivent, y consacrant en moyenne 14% de leur assolement.

Dans 90% des cas, il s’agit de pois mais les surfaces de féveroles sont en progression rapide, passant de 17 000 hectares en 2000 à 83 000 hectares en 2002. Une demande nouvelle en alimentation humaine et des prix élevés à l’export ont convaincu de nombreux producteurs. En outre, la féverole présente l’avantage de résister à l’Aphanomyces, une maladie qui a fait des ravages dans les surfaces de pois au milieu des années 90. Le développement de la maladie, qui ne connaît ni résistance, ni traitement, a été accéléré dans certaines régions par le retour fréquent du pois dans la rotation. Or les rotations longues, de quatre à huit ans, sont à ce jour le seul mode de lutte efficace. D’autant que, bien conduite, une rotation longue introduisant un protéagineux donne de bons résulats économiques dans les zones de grandes cultures. Une étude conduite par Arvalis en Beauce, Picardie et Champagne, a montré que sur les trois dernières années, la rotation pois/blé/blé/orge donnait la meilleure marge brute, comparée aux rotations colza/blé/blé/orge et aux rotations exclusivement céréalières. Cela étant, dans les régions du Nord, le pois a du mal à lutter contre les pommes de terre ou les betteraves en tête d’assolement.

La MAE rotationnelle pourrait être déterminante 

Si les protéagineux sont aussi performants en tête de rotation, c’est en raison de leur “effet précédent” qui permet une hausse de rendement sur la culture suivante, généralement du blé. Arvalis a calculé que, dans les terres à haut potentiel, les pois ou féveroles dans la rotation sont rentables à partir de 50 quintaux par hectare, “compte tenu de l’effet précédent à blé”. L’ intérêt dans les rotations longues devrait s’accroître avec la mise en place de la MAE (mesure agri-environnementale) rotationnelle de 30 euros par hectare.Selon Arvalis, en cumulant rotation longue et MAE, l’écart de revenus sur une exploitation de 200 hectares est supérieur à 8000 euros.

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Dans les terres difficiles, le pois peine encore à convaincre les agriculteurs. Il s’adapte mal aux terres séchantes et la récolte en terres caillouteuses est difficile en raison de la verse. Dans les terres argileuses ou hydromorphes, le semis en mars est parfois périlleux. Dans ces régions, la solution passera par le développement de variétés de pois résistants à la verse et de protéagineux d’hiver. Avec trois à six années de recul dans le Centre et l’Est, l’alternative représentée par les pois d’hiver, type “cheyenne”, est confirmée. Les résultats économiques sont équivalents au colza en terre peu profonde et la résistance à la verse est assez bonne. Reste à résoudre le problème du semis à l’automne, qui ne réussit que s’il est tardif.

Adieu féverole, voici "Fevita"

Dans les terres profondes du Nord, le développement des protéagineux passera par celui de la féverole. La profession travaille au développement de variétés “double zéro”, en raison de leur faible teneur en vicine et en tannins. Grâce aux recherches de l’Inra, la première de ces variétés, la “Disco”, a été inscrite en novembre 2003. Pour bien marquer la différence avec les variétés anciennes, l’interprofession Unip envisage de donner à ces plantes un nom commercial nouveau, “Fevita” . Les “Fevitas”, dont le developpement des premières variétés est prévu pour 2005/2006, sont source d’espoir car elles équivalent à un pois très riche en protéines et sont donc adaptées à tous les débouchés en alimentation animale et humaine. Pour assurer leur succès, elles devront encore faire la preuve de leur valeur agronomique.