L’association de protection des forêts Canopée alerte, dans un rapport publié le 29 juin, sur le recul des puits de carbone forestiers en France, indispensables à l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. « L’enjeu est considérable et très largement sous-estimé », écrivent les auteurs. Selon eux, « la préservation du puits de carbone est aussi importante que la réduction des émissions », mais la politique du gouvernement français a tendance à « sacrifier » la première au profit de la seconde. Les puits de carbone, qui absorbent et stockent le carbone de l’atmosphère, doivent permettre de compenser les émissions de CO2 incompressibles que les efforts de sobriété et les progrès technologiques n’auront pas permis d’éliminer à l’horizon 2050.
Parmi ces puits de carbone, les forêts sont le « premier contributeur », explique Canopée. Or, selon le Citepa (pollution climatique), leur capacité d’absorption a baissé de plus de moitié depuis le début des années 2000. Une chute qui s’explique par trois facteurs : la hausse de la mortalité des arbres, leur croissance plus lente et l’augmentation des « prélèvements », précise Canopée. L’association estime que cette dégradation est « pour une part significative, le résultat de choix politiques identifiables et réversibles ». Elle critique en particulier la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), qui va « précipiter » cette chute, en augmentant la récolte dans les forêts de plus de 13 % d’ici à 2030, soit une dégradation du puits de carbone de 11 millions de tonnes équivalent CO2 par an. Aussi, l’association appelle à diminuer les prélèvements en bois et à « geler le développement des projets industriels augmentant la pression » sur les forêts.
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JJ