"Incompétence", "amateurisme","empressement incompréhensible"… Les mots sont particulièrement durs pour condamner le comportement du gouvernement précédent qui a laissé l’ardoise, et du gouvernement actuel qui a trouvé une solution ne satisfaisant personne.
Face à l’annonce de transfert de crédits de l’ordre de 4,2 % du premier pilier vers le second pilier de la Pac par le gouvernement, les réactions ont fusé le 27 juillet, toutes négatives. Les syndicats spécialisés grandes cultures, qui vont être fortement mis à contribution, demandent des compensations politiques.
Les JA dénoncent une « incompétence » et un « amateurisme »
Face à l’annonce de transfert de crédits de l’ordre de 4,2 % du premier vers le second pilier par le gouvernement, les Jeunes agriculteurs ont dénoncé « un choix simpliste » dans un communiqué du 27 juillet. Le syndicat estime que « fuyant ses engagements budgétaires, le gouvernement fait payer aux agriculteurs son incompétence ». Comme le syndicat « ne peut se satisfaire de cette décision », il demande à « définir, en concertation avec la profession, un nouvel accompagnement pour en limiter l’impact ». Il souligne également « l’amateurisme inacceptable dont font preuve l’État, les gouvernements successifs et les conseils régionaux concernant la gestion des budgets agricoles ».
Pour la FNPL, « les éleveurs laitiers ne sont pas les banquiers du gouvernement »
« Les éleveurs laitiers ne sont pas et ne seront pas les banquiers de ce gouvernement ! », a fait savoir la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), dans un communiqué du 27 juillet. D’après le syndicat, il s’agit d’une « décision politique contre-productive lorsque l’on sait que les éleveurs laitiers seront fortement touchés par ce transfert, en contribuant pour un tiers à cette ponction, pour près de 130 millions d’euros ». Il dénonce « un empressement incompréhensible » pour des « insuffisances budgétaires » qui « ne seront d’actualité qu’en 2019 et 2020 ».
L’AGPB dénonce un nouveau handicap pour les céréaliers
L’AGPB (producteurs de blé) affiche le 27 juillet son « incompréhension totale » quant à cette mesure, y voyant un nouveau handicap pour les céréaliers. Ce transfert, qui représente « plus de 160 M d’euros de prélèvement sur le seul secteur des grandes cultures pour les deux prochaines années, aura un impact considérable sur la compétitivité des producteurs », selon un communiqué. Il va « encore accroître les distorsions de concurrence avec nos voisins européens », souligne l’AGPB. Et d’insister, à l’heure des États généraux, pour que le gouvernement ait « une approche économique de l’agriculture, condition sine qua non pour redonner confiance et des perspectives aux producteurs céréaliers ».
Pour la CGB, il s’agit d’un « signal extrêmement négatif »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La CGB (betteraviers) a souligné le 27 juillet l’impact sur la compétitivité du transfert annoncé d’aides Pac. « C’est un signal extrêmement négatif au moment du lancement des État généraux de l’alimentation où il est question de création et de répartition de la valeur, d’innovation et de compétitivité », selon un communiqué. La décision du gouvernement intervient à l’heure de la fin des quotas sucriers quand « la compétitivité est le maître mot », ajoute la CGB.
L’AGPM demande des compensations
L’AGPM (producteurs de maïs) a réclamé le 27 juillet des compensations au transfert d’aides Pac « pour permettre aux maïsiculteurs de regagner en compétitivité ». Il s’agit de revenir sur l’interdiction des néonicotinoïdes « en l’absence d’alternative crédible », de mettre fin aux surtranspositions des textes européens, de créer une épargne de précaution « souple et efficace », de simplifier les procédures pour le stockage de l’eau qui doit pouvoir bénéficier du plan d’investissement de 5 Mrd d’euros, d’après un communiqué. À l’échelon de l’UE, l’AGPM demande un soutien aux homologations de produits phyto, au bioéthanol et aux nouvelles techniques de sélection végétale.
La Fop appelle à la transparence
La Fop (producteurs d’oléoprotéagineux) a critiqué le 27 juillet « l’impasse budgétaire » héritée du précédent ministre de l’Agriculture. Elle exige « une transparence budgétaire totale de la mise en œuvre du développement rural en France, à même de redonner confiance en la parole gouvernementale », selon un communiqué. Et de réclamer un soutien de l’État au travers de la réforme de la directive énergie renouvelable (Red 2) et de la mise en place d’« un véritable plan protéines ». Le président Arnaud Rousseau dit attendre « un projet agricole fédérateur qui s’appuie sur une vision européenne ambitieuse, une compétitivité restaurée, des moyens de production confortés et un budget sincère ».
Selon l’agence Bio, un arrêt des aides au maintien casserait la dynamique du bio
Gérard Michaut, président de l’Agence Bio, a réagi dans un communiqué en date du 26 juillet, sur les «conséquences que pourrait avoir la suppression des aides au maintien à l'agriculture biologique».. «Il est indispensable de soutenir financièrement les efforts des producteurs bio qui prennent le risque d’un mode de production différent. Un arrêt de toute reconnaissance budgétaire conduirait immanquablement à une fragilisation de ce secteur en pleine croissance», insiste-t-il. Il souhaite réaffirmer «la nécessité de pérenniser une part des subventions allouées par l'Europe à la rémunération des services environnementaux rendus par l'agriculture biologique».