FNSEA : le revenu augmente, les disparités aussi
La FNSEA qualifie l’amélioration du revenu agricole de « sensible » pour l’année 2007 en ajoutant que cette hausse « vient combler des années de vache maigre » supportées par de nombreux agriculteurs.
Le syndicat se félicite que cette « hausse permette de donner des gages à tous ceux qui veulent entreprendre et développer leur activité et leur production, en particulier les jeunes ». Cependant note la FNSEA, « nombre de secteurs de productions connaissent de grandes difficultés, comme en témoignent les résultats négatifs dans le secteur ovin, des fruits et légumes et des productions porcines et avicoles ». Le syndicat rappelle que « l’extrême volatilité des prix est cause de déséquilibre et peut avoir des conséquences tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs ».
APCA : la hausse globale ne doit pas cacher des écarts inédits
Les comptes de l’agriculture 2007 indiquent une augmentation moyenne de 12,1 % des revenus par actif familial, ramenée à 7,5 % pour l’ensemble des actifs agricoles. « Cette hausse globale cache néanmoins une très grande disparité des situations », soulignent les chambres d’agriculture. Luc Guyau, président de l’APCA se « réjouit de l’évolution globale du revenu agricole. Progressivement, l’écart avec l’ensemble des Français se réduit. » Toutefois, le président indique observer « aussi la situation avec inquiétude. […] la volatilité brutale des prix ne nous satisfait pas ». Pour l’APCA, deux réponses doivent être données. Il s’agit de « revoir l’affectation des aides à l’agriculture pour tenir compte de la réalité des marchés et de mettre en place une politique de gestion des nouveaux risques liés à la volatilité des prix.
Orama : Une hausse des revenus qui va permettre aux céréaliers d’investir
La hausse des revenus des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux va « leur permettre d’engager plus rapidement les investissements qu’exige la double nécessité d’accroître la production et de satisfaire à l’objectif d’une agriculture durable », a indiqué Orama dans un communiqué de presse diffusé le 18 décembre.
Cette augmentation fait suite aux «nombreuses années difficiles qu’ils ont connues depuis 1997 », précise le syndicat. Orama signale que les céréaliers ne connaîtront pas pour autant dans les années à venir « une situation de beau fixe », car il faut s’attendre à davantage de volatilité. Ce qui, pour le syndicat, va demander de réfléchir, dans le cadre du bilan de santé de la Pac, à un soutien aux producteurs fonction des variations des marchés.
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La Confédération paysanne accuse « la Pac 2003 et le découplage des aides »
La Confédération paysanne constate que «les variations brutales (de revenu) sont le résultat de la dérégulation mise en place avec la Pac 2003 et du découplage des aides ».
« Depuis, les matières premières sont encore davantage soumises aux spéculateurs financiers » ajoute le syndicat qui précise «que l’amélioration des revenus est due, en partie, à la disparition de 3 % des paysans ».
La Confédération paysanne estime par ailleurs « intéressante » la proposition de Michel Barnier d’utiliser la possibilité de transférer 10 % des aides directes (article 69) pour venir conforter certaines filières en difficultés. Le syndicat souligne également que « l’agriculture ne peut pas fonctionner avec des marchés aussi fluctuants : cela crée des problèmes autant aux paysans, notamment les éleveurs, qu’aux consommateurs ».
La Coordination rurale fustige des prévisions de revenu « aberrantes »
Dans un communiqué diffusé le 18 décembre la Coordination rurale commente à son tour les données du revenu de l’agriculture en estimant «aussi aberrantes que la Pac les prévisions de revenu agricole 2007. » Selon la Coordination, « comment apprécier le niveau de revenu des céréaliers alors que la valeur de leurs produits a subi en peu de temps des variations importantes et que les niveaux de rendement varient de 4 à 10 tonnes par hectare ? » A l’heure d’un bilan de santé de la Pac, estime le syndicat, ces chiffres « prouvent que l’Europe a perdu tout contrôle sur son agriculture et donc sur sa nourriture. »