Abonné

Produits de qualité/UE Les Régions européennes pour une promotion prioritaire des IGP et AOP

- - 9 min

« La promotion des systèmes européens de qualité, en particulier les IGP et les AOP, doit faire l’objet d’une politique de promotion spécifique de la part de la Commission européenne. » En écho à la publication par la Commission européenne de sa communication sur la « Promotion des saveurs de l’Europe » (1), l’Arepo (Association des régions européennes des produits d’origine) estime que l’Union européenne avec les Etats membres et les Régions devrait donner la priorité à la communication sur les véritables produits de qualité européens et faire en sorte que les consommateurs soient mieux informés du niveau élevé des exigences et des normes auxquelles répondent tous les opérateurs européens.

Les objectifs principaux de la future politique communautaire de promotion des produits agricoles et agroalimentaires, s’articulent autour de quatre éléments clé: une véritable valeur ajoutée européenne, des programmes de promotion plus attractifs, une gestion plus simple et des synergies nouvelles entre les différents instruments de promotion. Dans sa communication du 30 mars, la Commission prévoit des propositions législatives fin 2012, Parmi les premiers à réagir, l’Arepo, le lobby des Régions européennes, demande que la promotion des systèmes européens de qualité, en particulier les indications géographiques (IGP et AOP), fassent l’objet « d’une politique de promotion spécifique de la part de la Commission et vienne en soutien des programmes développés par les organisations professionnelles ». L’Arepo se plaît à rappeler que la promotion de l’origine des produits est arrivée en tête des aspects les plus cités par les participants à la consultation publique sur le Livre vert sur la promotion des produits agricoles organisée par la Commission européenne. Elle précise que la participation à ces systèmes « a un coût supérieur pour les producteurs » et que ces systèmes « sont insuffisamment connus des consommateurs ». Ces derniers devraient être mieux informés « du niveau élevé des exigences et des normes auxquelles répondent tous les producteurs européens, et en particulier sur les logos – IGP, AOP, STG, agriculture biologique, systèmes nationaux de qualité – et sur la production de biens publics par ces systèmes de qualité (nutrition, santé, lien social, paysages, biodiversité, patrimoine immatériel…) ».

Des aides plus complètes
L’Arepo rappelle également à la Commission européenne que la promotion des AOP et IGP est développée « par des consortiums ou groupes de producteurs qui sont souvent des petites structures avec peu de ressources ». En d’autres termes, ils ont des difficultés à présenter des projets « multi-pays » (présentés conjointement par plusieurs pays), qui, souligne le lobby des Régions européennes, « sont pourtant ceux qui permettent d’obtenir les meilleurs résultats actuellement ».
Pour les groupements de producteurs de produits de qualité, il faudrait également des aides plus complètes pour la certification (le coût de la certification limite les disponibilités financières pour la promotion), les études préalables à l’obtention du signe de qualité, le développement de packaging et de circuits de vente innovants, l’étude des propriétés nutritives et thérapeutiques des produits, le développement de produits transformés à partir de matières premiers AOP et IGP. L’Arepo déplore par ailleurs que les produits de qualité européens « sont trop souvent copiés et spoliés sur les marchés extérieurs ».

Une communication pour mieux faire connaître les atouts de l’Europe
Si elle estime que la politique actuelle en matière d’information et de promotion des produits agricoles a fourni de bons résultats, la Commission européenne se dit convaincue que cette politique pourrait être « simplifiée et améliorée pour mieux répondre aux attentes des marchés européens et mondiaux ». Après la phase de consultation publique à travers le « Livre vert sur la promotion des produits agricoles » en 2011, la Commission a dans cette optique adopté le 30 mars 2012 une « communication » pour lancer désormais le débat sur le contenu de la future politique de promotion au niveau interinstitutionnel. Cette communication fournit quelques premières orientations de réforme pour la politique de promotion inspirées des éléments recueillis à travers la consultation publique. Elle sera complétée par une analyse d’impact approfondie afin de nourrir une réforme de la politique et ainsi développer un régime de promotion au niveau européen « aussi ambitieux notamment dans sa composante externe, que ceux mis en place par les grands exportateurs mondiaux ». Cette communication devrait déboucher sur des propositions législatives d’ici la fin d’année 2012.

Plus de valeur ajoutée européenne
La Commission souligne que les actions de promotion des produits agricoles « ne doivent pas se substituer aux actions de promotion du secteur privé, mais apporter une dimension européenne spécifique ». Cette valeur ajoutée européenne peut être générée à travers la définition d’une stratégie européenne d’information et de promotion offrant un meilleur ciblage des marchés et des produits ou messages à mettre en valeur (par exemple produits à haute valeur ajoutée), en tenant compte des négociations d’accord de libre échange, des marchés les plus porteurs, et en évitant ainsi le saupoudrage et la dispersion des moyens. Mieux, dit la Commission, la coopération entre acteurs économiques de différents Etats membres « contribuerait de manière substantielle à la valeur ajoutée européenne et à une plus grande visibilité de la diversité des produits agricoles européens ».

Une politique plus attractive et sûre de son impact
Outre le fait que la politique d’information et de promotion n’apporte pas toute la valeur ajoutée voulue, elle souffre de contraintes administratives. La soumission de programmes dans les pays tiers s’est avérée trop timide, reconnaît la Commission. Ensuite, la portée des actions n’est pas toujours facilement mesurable et l’impact peut se manifester tardivement. Raison pour laquelle il serait important de mener « des campagnes plus interpellatrices précédées si besoin est d’analyses de marché, d’études des habitudes de consommation ou de campagnes pilotes ». Pour renforcer le rapport coût-efficacité de la future politique, une évaluation de l’impact plus systématique devra accompagner toute action pour confirmer que les objectifs prévus ont bien été atteints.

Une gestion plus simple
Le financement et la gestion des programmes d’information et de promotion sont généralement tripartites (organisations professionnelles, Etats membres et Commission européenne). Les organisations professionnelles ont recours à leur tour à des organismes d’exécution tels que des agences de publicité pour mettre en œuvre les actions qu’elles ont conçues. Les contributions au Livre Vert ont demandé que soit revue la méthode de sélection des programmes, et que leur conception et leur exécution soient plus flexibles pour permettre leur modification en cours de réalisation. Les contributions appellent à un rôle plus actif de la Commission dans la création et la coordination des programmes « multi-pays », en particulier dans les pays-tiers. D’autre part, les rôles respectifs de l’Etat membre et de la Commission dans le suivi et le contrôle des actions seront clarifiés afin d’éviter doublons et longueur des procédures.

Plus de synergies entre les différents instruments de promotion
La future stratégie européenne pour la promotion des produits agricoles a la volonté d’augmenter la valeur ajoutée du secteur agro-alimentaire et sa contribution à l’économie européenne. Cette ambition requiert plus de cohérence au sein des actions de promotion de la PAC, afin de garantir leur impact. La Commission estime que tout en tenant compte des spécificités des différents secteurs, il serait plus avisé de chercher des complémentarités et des synergies afin de rendre la politique de promotion plus forte. Une identité commune incluant des éléments visuels et de contenu pour ces actions de promotion, quel que soit le régime considéré, leur conférerait «une meilleure identité européenne, une meilleure visibilité pour le consommateur et une meilleure performance ».

Quid du nerf de la guerre ?
En présentant la communication sur la promotion des produits agroalimentaires, Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, a reconnu que « les instruments de promotion actuels ne sont pas à la hauteur potentielle du secteur agroalimentaire ». Il a souhaité que l’UE promeuve davantage les produits agricoles européens, en dégageant des ressources supplémentaires et en refondant les régimes de promotion existants qui bénéficient notamment au vin et aux fruits et légumes. Pour financer ces nouvelles ambitions, « il faudra débattre avec les Etats et le Parlement européen pour voir comment mieux utiliser les ressources existantes au sein du budget de la Politique agricole commune », a indiqué le commissaire roumain. « Avec une réduction de moins de 1 % des paiements directs pour tous les Etats membres, on peut arriver à financer chaque année une politique de promotion de quelques centaines de millions d’euros », a-t-il observé. Il a également fait remarquer que dans certains secteurs « existent encore des subventions à l’exportation qui dans les prochains mois devront disparaître là où cela ne se justifie plus », et qui pourraient également venir abonder le budget de cette politique de promotion des produits européens. « Malgré la situation de crise actuelle, le secteur agroalimentaire européen -avec plus de 100 milliards d’euros d’exportations de produits agro-alimentaires en 2011 – le secteur européen bénéficie d’ une balance commerciale positive et représente la première branche industrielle en Europe en termes d’emplois », a fait remarquer Dacian Ciolos.
 
(1) Intitulée complet : « La Promotion et l'information en faveur des produits agricoles: une stratégie à forte valeur ajoutée pour promouvoir les saveurs de l'Europe ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre